‹ Charles BaudelaireChapitre 113 sur 257 · Fleurs du Mal, T. I des OEuvres complètes, p · texte numérisé non relu

Fleurs du Mal, T. I des OEuvres complètes, p

Reprenons le Voyage à Cythère ^ :

Dans ton île, ô Vénus, je n'ai trouvé debout

Qu'un gibet symbolique où pendait mon image

— Ah.' Seigneur .' donnez-moi la force et le courage De contempler mon cœur et mon corps sans dégoût !

Ce cri de révolte contre lui-même ; ce cri de détresse, d'impuissance ; cet appel à Dieu : voilà le salut du poète. Le remords lui fait vomir enfin le poison : le remords né de cette lassitude et cet écœurement qui suivent la débauche ^ Le poète se réveille de son infernale vision. Justement, minuit sonne. Alors, encore malgré lui, il procède à son examen de conscience :

La pendule sonnant minuit, Ironiquement nous engage A nous rappeler quel usage Nous fîmes du jour qui s'enfuit.

Nous avons blasphémé Jésus,

Des Dieux le plus incontestable !

Nous avons, pour plaire à la brute, Digne vassale des Démons, Insulté ce que nous aimons

Et flatté ce qui nous rebute;

Salué rénorme Bêtise,

La Bêtise au front de taureau ;

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