Fleurs du Mal, T. I des OEuvres complètes, p
Reprenons le Voyage à Cythère ^ :
Dans ton île, ô Vénus, je n'ai trouvé debout
Qu'un gibet symbolique où pendait mon image
— Ah.' Seigneur .' donnez-moi la force et le courage De contempler mon cœur et mon corps sans dégoût !
Ce cri de révolte contre lui-même ; ce cri de détresse, d'impuissance ; cet appel à Dieu : voilà le salut du poète. Le remords lui fait vomir enfin le poison : le remords né de cette lassitude et cet écœurement qui suivent la débauche ^ Le poète se réveille de son infernale vision. Justement, minuit sonne. Alors, encore malgré lui, il procède à son examen de conscience :
La pendule sonnant minuit, Ironiquement nous engage A nous rappeler quel usage Nous fîmes du jour qui s'enfuit.
Nous avons blasphémé Jésus,
Des Dieux le plus incontestable !
Nous avons, pour plaire à la brute, Digne vassale des Démons, Insulté ce que nous aimons
Et flatté ce qui nous rebute;
Salué rénorme Bêtise,
La Bêtise au front de taureau ;