L'avertisseur, Suppl. X
0 moine fainéant ! quand donc saurai-je faire
Du spectacle vivant de ma triste misère
Le travail de mes mains et l'amour de mes yeux ' ?
Il pense à sa jeunesse douloureuse et gaspillée :
Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversée çà et là par de brillants soleils
Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux -.
Est-ce trop tard ? pourtant, il sait qu'au fond de son cœur dévasté,
Maint joyau dort enseveli
Dans les ténèbres et l'oubli.
Bien loin des pioches et des sondes ;
Mainte fleur épanche à regret
Son parfum doux comme un secret
Dans les solitudes profondes •'.
Il s^attendrit sur lui-même, il se souvient. Autrefois, quand il était enfant, dans son berceau adossé à la bibliothèque, il avait un jour entendu deux voix. L'tjne lui promettait le royaume de la Terre * :
... « La Terre est un gâteau plein de douceur ; « Je puis (et ton plaisir serait alors sans terme I) « Te faire un appétit d'une égale grosseur. »