‹ Charles BaudelaireChapitre 116 sur 257 · L'ennemi, X · texte numérisé non relu

L'ennemi, X

3. Le guignon, XI. (Ces vers sont imités de Thomas Gray, cf. la « noie sur les plagiats », Œuvres posth., p. 19.)

4. La voix, Suppl. V (il est à remarquer que ce poème, ainsi que l'Examen de minuit et Y Avertisseur, appartient à la fin de la vie de Baudelaire, au moment de sa grande détresse physique et morale.)

Mais l'autre lui disait

« ... Viens ! oh ! viens voyager dans les rêves, « Au delà du possible, au delà du connu ! »

Il a écouté cette douce voix : ce fut sa fatalité. Voilà pourquoi, dans ce monde « où l'action n'est pas la sœur du rêve * », il ne cesse de traîner des serpents à ses talons. Voilà pourquoi il se réfugie dans le désert et sur la mer, il rit dans les deuils et pleure dans les fêtes, il trouve un goût suave au vin le plus amer, il prend les réalités pour des mensonges et, comme il a toujours les yeux au ciel, tombe à chaque pas dans un trou. Mais, au sein des plus grandes douleurs comme après les plus lourdes chutes, toujours la voix consolatrice se fait entendre :

« Garde tes songes ; « Les sages n'en ont pas d'aussi beaux que les fous 1 »

Cette voix, c'est la voix de l'Idéal qui prend maintenant sa revanche :

Quand chez les débauchés l'aube blanche et vermeille

Entre en société de l'Idéal rongeur,

Par l'opération d'un mystère vengeur

Dans la brute assoupie un Ange se réveille ^.

Cet idéal, — ces cieux spirituels dont Tinaccessible azur s'ouvre avec l'attirance d'un gouffre audessus de l'homme terrassé, — n'est-ce pas son

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