‹ Charles BaudelaireChapitre 123 sur 257 · Cf. Les phares, Yl, str · texte numérisé non relu

Cf. Les phares, Yl, str

l'art et l'œuvre 191

Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,

De purs miroirs qui font toutes clioses plus belles :

Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles * !

Le second paradis vers qui Baudelaire aspire, S c'est ramour. Non plus, cette fois, la luxure avec' ses violences, ses fatigues et son désespoir ; non plus les tentations contre lesquelles on lutte un instant, se sachant vaincu d'avance ; non plus Tamour charnel, mais l'amour épuré, mystique, consolateur , et rédempteur. Après la Vénus noire, la Béatrice. )-

Il y a dans les Pleurs du Mal une quinzaine de pièces qui expriment cet amour et qui font avec le cycle de la Vénus noire le même contraste que fait Fazur avec l'orage, le soleil avec les ténèbres. Impression d'une longue convalescence après la fièvre et le délire.

Cet élan vers l'amour ne provoque pas tout de suite un cri de joie. Aspiration d'une âme meurtrie qui se sent dans une vallée de larmes, et dont le corps affaibli a peine à suivre l'élan de la prière.

C'est le soir. Le calme harmonieux succède à la tempête :

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ; Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ; Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ; Valse mélancolique et langoureux vertige ! Le ciel est triste et beau comme un granci reposoir ^.

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