‹ Charles BaudelaireChapitre 126 sur 257 · XLIl · texte numérisé non relu

XLIl

Me sauvant de tout piège et de tout péché grave, Ils conduisent mes pas dans la route du Beau ; Ils sont mes serviteurs et je suis leur esclave ; Tout mon être obéit à ce vivant flambeau ^.

11 s'enhardit, il ose l'interroger encore : voudrat-elle le suivre, lui, dans le lointain pays des rêves, dans « le vert paradis des amours enfantines » " ? Acceptera-t-elle l'invitation au voyage :

Mon enfant, ma sœur.

Songe à la douceur

D'aller là-bas vivre ensemble {

Aimer à loisir,

Aimer et moui'ir

Au pays qui te ressemble !...

Vois sur ces canaux

Dormir ces vaisseaux

Dont l'humeur est vagabonde ;

C'est pour assouvir

Ton moindre désir

Qu'ils viennent du bout du monde.

— Les soleils couchants

Revêtent les champs,

Les canaux, la ville entière,

D'hyacinthe et d'or,

Le monde s'endort .

Dans une chaude lumière ^.

Miracle ! elle sourit, elle accepte, et le cœur du poète déborde en une hymne de reconnaissance :

A la très chère, à la très belle Qui remplit mon cœur de clarté, A l'ange, à l'idole immortelle, Salut en l'immortalité * !

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