‹ Charles BaudelaireChapitre 131 sur 257 · Le Reniement de saint Pierre, GX.VIU · texte numérisé non relu

Le Reniement de saint Pierre, GX.VIU

l'art et l'œuvre 207

Ton sait comment, d'une manière qui nous semble parfaitement blasphématoire, notre poète a repris cette image pour l'appliquer à l'une quelconque de ses maîtresses '.

Le XV" siècle se plaît à évoquer le cortège des Vices: l'orgueil sur son lion, l'envie sur son chien, la luxure sur sa chèvre, l'avarice sur une taupe, la gourmandise sur un loup. N'est-ce point là

Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants, Dans la ménagerie infâme de nos vices ^ ?

Maintenant, l'Enfer où Gxiillaumede Deguilleville descend après Dante. Les peintures de la cathédrale d'Albi détaillent les supplices des damnés avec des raffinements de tortionnaire. Baudelaire, lui aussi, n'a-t-il point évoqué l'Enfer, « ce gouffre de nos amis peuplés ' », vers lequel la barque de Gharon conduit don Juan aussi impassible que l'Alighieri était épouvanté * ? N'a-t-il point évoqué tour à tour Satan Trismégiste, Belzébuth, l'Abhorré ' ? Ne s'est-il point laissé conduire par le démon au milieu

Des plaines de l'Ennui, profondes et désertes,

où l'on voit

Des vêtements souillés, des blessures ouvertes. Et l'appareil sanglant de la Destruction ? «

i. A une Madone, LVII.

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