‹ Charles BaudelaireChapitre 14 sur 257 · L. Iir, ch · texte numérisé non relu

L. Iir, ch

au-dessus de tous les obstacles qu'elle a traversés, »

Les chants d'amour de Baudelaire ont magnifié, purifié comme la flamme ses amours, même les plus vulgaires, car nulle des femmes dont il a pu s'éprendre, n'était en réalité digne de lui. Mais il en a fait des muses ; il a aimé en elle des illusions et des rêves, — illusions et rêves qui lui ont inspiré ces réalités immortelles : ses poèmes.

On sait que Baudelaire eut deux inspiratrices ; la noire Jeanne Duval, la blanche M'"" Sabatier.

11 revenait de l'île Maurice lorsqu'il rencontra la première ; et sans doute le goût pour les femmes exotiques, contracté lors de son voyage, fut-il à l'origine de cette liaison. « A peine de retour à Paris, il prit une maîtresse qui n'avait guère d'autre titre à son attention que d'être une fille de couleur. Jeanne Duval, figurante dans un de ces petits théâtres qui, dès 1840, annonçaient les cafés-concert, n'avait, à part sa race, rien de remarquable : ni le talent, ni la beauté, ni l'esprit, ni le cœur '. » D'après un témoin, Baudelaire l'aurait aperçue un soir ; des ivrognes la tourmentaient ; il s'inter-

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