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232 CFIARLES BAUDELAIRE
lité l'emporte sur l'intelligence, que les sensations rintéressent plus que les pensées. A ce jeu d'analyse, ce qui finit par s'user, par se détruire, c'est précisément l'intelligence : l'individualisme tue l'individualité, châtiment que le héros romantique finit toujours par s'infliger à lui-même. En eiTet, si l'atavisme philosophique fait qu'Obermann est encore tourmenté de connaître, de savoir, il lui est impossible de s'arrêter à un système. Il n'y a pas de loi, y a-t-il même une réalité ^ ? Ainsi, impuissante, la raison s'use en lui avec la volonté. Que lui apprend donc cette auscultation perpétuelle et douloureuse^ sinon que la vie est le rêve d'un rêve, ou que lui-même, tout au moins, est incapable 'de vivre "^ ? 11 voit l'infini entre ce qu'il est et ce qu'il voudrait être ' ; et pourtant, lui qui hait la misère *, il voudrait être heureux ; il a besoin de bonheur, et il est né pour souffrir \ De là le désenchantement, le pessimisme. Cœur avide d'émotions et qui cherche l'absolu, ne sent-il pas que tout effort est vain' ? Il perd même, perte irréparable, le désir. C'est l'ennui, l'ennui qui damnera Baudelaire. Alors il songe au suicide', mais la volonté lui manque pour exécuter ce vague projet. Il a recours aux excitants : le thé qui achève de lui affaiblir les nerfs, le \in qui lui égare le cerveau ^