‹ Charles BaudelaireChapitre 167 sur 257 · Op. cit., t. IV, p · texte numérisé non relu

Op. cit., t. IV, p

l'art et l'cèuvre 269

Prenons quatre héros byroniens : le Giaour, Manfred, Lara, Childe Harold. Nous retrouverons leurs traits sur la face tourmentée, ironique et grave de Baudelaire. Le Voyage^ cette conclusion des Fleurs du Mal, est presque un résumé du Pèlerinage de Childe Harold. C'est le même « écœurement de la satiété ' » qui pousse Childe Harold à fuir sa propre patrie, « plus vide et plus sombre que la cellule d'un ermite ». C'est le même mépris de la femme : « Les femmes ne se soucient que du luxe et de la puissance ; en l'absence de ces biens, l'amour s'évanouit ". » Le même besoin de changement et de nouveauté :

0 Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre ! Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons 1... Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau, Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau!

Ces vers des Fleurs du Mal, — les derniers, — ne sont-ils point une paraphrase passionnée de Childe Harold : « Saturé de plaisir, il aspirait presque au malheur ; et, pour changer de spectacle, volontiers fût-il descendu jusque dans le séjour des ombres \ »

Le Giaour ne parlera point autrement. Ce maudit que la pensée de la mort obsède ; qui la voit, tantôt comme un châtiment suprême où l'âme est incarnée de force dans la goule, dans le vampire buveur de sang, tantôt comme l'éternel repos dans

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