Ihid
3. Crepe<,93. Cf.Ieprojet de dédicace à Maria Clemm, OEuvres posthumes, p. 242 s.
l'art et l'œuvre 275
même, pour être sûr d'arriver à comprendre et à rendre jusque dans les nuances les plus subtiles la langue de Poe, il s'astreignit à des conversations, non seulement avec des Américains, mais encore avec des Américains des basses classes, puisque c'est dans les basses classes que le vocabulaire est le plus pittoresque, le langage le plus expressif : « Il prit longtemps pour conseiller un tavernier anglais de la rue de Rivoli, chez lequel il allait boire le whiskj et lire le Punch en compagnie de grooms du faubourg Saint-Honoré \ »
Jamais Baudelaire, qui était plutôt paresseux, n'œuvra de toute sa vie avec autant d'acharnement. Le premier morceau qu'il traduisit, la Révélation magnétique, parut dans la Liberté de penser, au lendemain même des journées de juin, soit en juillet 1848. Il allait poursuivre dix-sept années durant son travail de traducteur. Les Histoires extraordinaires furent lancées en 1856 ; les Nouvelles histoires extraordinaires, en 1857 ; les Aventures d'Arthur Gordon Pym, en 1858 ; Eurêka fut publié en 1864 ; les Histoires grotesques et sérieuses datent de la veille de sa mort ; 1865. Il faut ajouter à ces traductions deux grandes études sur Edgar Poe : l'une sur sa vie et ses œuvres, en tête des Histoires extraordinaires ; l'autre sur son esthétique, en tête des Nouvelles histoires; plus une étude publiée dans la Revue de Paris, en mars et avril 1852 ".