Art romantique, t. III des Œuvres complètes, p
3. « Robespierre n'est estimable que parce qu'il a fait quelques telles pbrases. » Œuvres posth., journaux intimes, 103 ; il le cite ég. p. 118.
4. Tém. d'Asselineau, Vie de Ch. Baudelaire, 1869, p. 31. Les vers cités sont extraits du Chant des Victoires, hymne pour la fêle du 10 août 1794, sir. 2. Œuvres de M. J. Chénier, t. III, 1824, p. 373.
5. Cf. Asselineau, p. 17. » Mon père était nn détestable artiste, » écrit B. à propos d'un tableau représentant une femme couchée, voyant 2 fig'ures en rêve (Lettres inédites, 30 déc. 1857, p. 153).
et Baudelaire était un bon élève, un élève parfois brillant. Il put ainsi débuter dans la vie littéraire avec de solides connaissances, le goût du latin et des classiques français \
Une troisième raison nous explique enfin ce que, sans paradoxe, nous osons appeler le classicisme de Baudelaire : son opposition au romantisme, ou plutôt à la bohème romantique. Voilà pourquoi, à Pimodan, il affectait de lire exclusivement les vieux auteurs. Il écrit à propos d'Eugène Delacroix :
A l'époque de la grande lutte des deux écoles, la classique et la romantique, les esprits simples s'ébahi,ssaient d'entendre Eugène Delacroix vanter sans cesse Racine, La Fontaine et Boileau. Je connais un poète, d'une nature toujours orageuse et vibrante, qu'un vers de Malherbe, symétrique et carré de mélodie, jette dans de longues extases ^.
Ce poète, on le devine, c'est lui-même.
Jusques à quel point peut-on retrouver dans son œuvre des influences classiques ? Il est malaisé de le déterminer. Si son enthousiasme pour la peinture de la Révolution, l'éloquence des grands Conventionnels, explique partiellement sa crise de républicanisme en 1848, rien n'en a passé dans sa. poésie, ni même dans sa prose. Du xviii^ siècle il n'a gardé que le ton, la galanterie, et il n'a aimé que l'art : il exécrait Voltaire \ Jean-Jacques non
1. B. a imité parfois Eschyle et Virgile : c'est ce qu'il nomme ses " plagiats », cf. éd. van Bever, p. 318.