‹ Charles BaudelaireChapitre 177 sur 257 · Art romantique · texte numérisé non relu

Art romantique

3. » Voltaire, comme tous les paresseux, haïssait le mystère. » Œuvres posth., j. intimes, 110. Plus haut, même page, il l'appelle « l'antipoète, le roi des badauds, le prince des superficiels, « l'antiarliste, le prédicateur des concierges, le père Gigogne des « rédacteurs du Siècle. »

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plus ne lui devait être guère sympathique : il était bien trop protestant, genevois et plébéien pour le 'goût de ce Parisien aristocrate et catholicisant. Seul, Diderot a exercé sur lui une action visible. Le Grand Siècle, en revanche, semble avoir été pour lui un âge de prédilection. Il y a du Pascal dans les notes de ses journaux intimes, comme du Racine dans ses vers, comme du La Bruyère et du La Rochefoucauld dans ses essais en prose. Cependant, ce sont les auteurs de Louis XIII et Henri IV, ces « romantiques du classicisme », qui Font le plus impressionné, influencé. Non point tant Malherbe que Mathurin Régnier, Théophile de Viau, Agrippa d^Aubigné surtout, auquel il emprunte Pépigraphe accolée à la première édition des Fleurs du Mal ^ Il faut se souvenir que les romantiques, en particulier son maître et ami Gautier, avaient, après Ronsard, réhabilité les « grotesques » et s'en étaient fait des ancêtres. Asselineau écrit de Baudelaire : « Il n'avait guère plus de vingt ans qu^on parlait déjà de lui dans le monde de la jeunesse littéraire et artistique comme d'un poète « original », nourri de bonnes études et procédant des maîtres vigoureux et francs d'avant Louis XIV, particulièrement de Régnier -. »

1. On dit qu'il faut couler les exécrables choses Dans le puits de roui)li et au sépulchre encloses, Et que par les escrits le mal ressuscité Infectera les mœurs de la postérité ;

Mais le vice n'a point pour mère la science,

Et la vertu n'est pas fille de l'ignorance. [Tragiques, II.)

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