‹ Charles BaudelaireChapitre 178 sur 257 · Op. cil., p · texte numérisé non relu

Op. cil., p

Le classicisme de Baudelaire est diffus dans toute son oeuvre comme un acide. Essayons de le précipiter. Nous constaterons dabord, entre les Fleurs du Mal et la poésie de Régnier, d'Agrippa d'Aubigné, de Tristan, de Saint-Amant, de Théophile, des affinités : par la vigueur du trait, la violence des sentiments, la crudité du langage, le réalisme de l'observation ; par la couleur, l'expression directe et l'accent ; comme aussi par Tétrange-té, le macabre, l'horrible, comme enfin par la préciosité, ces contemporains du Béarnais et de Richelieu sont pour Baudelaire des ancêtres. Ce qui survivait en eux de naturalisme, dans le sens du xvi" siècle, d'hispanisme et d'italianisme, devait lui plaire : n'at-il point écrit que « le concetto est un chef-d'œuvre " » ? Les véritables, les grands classiques ont dû plaire à ce scrupuleux, ce « Héautontimorouménos»,cet analyseur impitoyable de son propre cœur, par leur psychologie douloureuse et profonde, leur connaissance des passions et du péché : s'il doit quelque chose à Pascal, à Racine, peut-être encore à Bossuet et Bourdaloue, c'est le renforcement d'une tendance dont l'origine est dans son propre tempérament ; c'est son providentialisme qui penche parfois vers le manichéisme, tant lui, Baudelaire, est obsédé" par l'idée démoniaque ; c'est Texagération janséniste de son catholicisme. L'observation des mœurs contemporaines et son goût pour la

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