Ibid
se figurait avoir vu et, par conséquent, évoquait avec encore plus d'intensité.
Le parfum de cette femme, le « parfum exotique » de sa lourde chevelure bleue, il y retrouve l'odeur des vaisseaux, des plages brûlées par le soleil et dos humides végétations tropicales :
La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, Tout un monde lointain, absent, presque défunt, Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique I...
Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues, Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ; Sur les bord duvetés de vos mèches tordues Je m'enivre ardemment des senteurs confondues De l'huile de coco, du musc et du goudron '
Quand les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne, Je respire l'odeur de ton sein chaleureux. Je vois se dérouler des rivages heureux Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats. Je vois un port rempli de voiles et dé mâts '.. .
Parce qu'elle était pour lui comme un vaisseau qui l'emportait, à travers les tempêtes, vers le monde éclatant et noir de ses souvenirs et de ses rêves ' ; mais parce qu'aussi elle était un « vase de tristesse » dont l'onde impure avait l'amertume du sang, des larmes et de la mort, Jeanne Duval, la mulâtresse de Saint-Domingue, doit, hélas 1 être regardée comme la plus grande inspiratrice de Bau-