‹ Charles BaudelaireChapitre 19 sur 257 · Le beau navire, LII · texte numérisé non relu

Le beau navire, LII

l'homme et la pensée 45

delaire:la Muse noire avec laquelle il est descendu! jusqu'au fond des enfers, c'est-à-dire jusqu'à cette 1 dalle qui ne recouvre plus que le néant. , i

Pourtant, du fond de son enfer, Baudelaire aspirait plus que jamais à l'amour \ Il était prêt à se faire une fois de plus toutes les illusions, prêt à transformer en madone la première femme affectueuse et douce, rencontrée sur sa voie douloureuse, à la condition toutefois qu'elle eût de la beauté. Une lettre nous le prouve. Elle est de l'automne 1852. « L'aventure dont ce dernier billet semble l'épilog-ue, — et sur laquelle il nous renseis^ne seul, — est fort banale : Baudelaire avait rencontré M°" Marie X., un modèle, chez un artiste de ses amis. Un jour, il lui avoua qu'il l'aimait. Elle lui répondit que son cœur était pris et il s'abstint de la revoir \ » Il faut s'arrêter à cette lettre. Car elle nous fournit, comme le font remarquer très bien MM. Crépet, de précieuses indications « sur les tendances spiritualistes et les illusions avides que Baudelaire apportait dans l'amour. » Elle nous le montre en pleine crise de réaction contre sa vie -de débauche, contre Jeanne Duval, et documente

1. Le sonnet:" Une nuit que j"étaispi'ès d'une affreuse juive... » (XXXII), nous fait sentir combien Baudelaire avait attendu, sansespoir, de Jeanne Duval elle-même un peu d"a(fection. Cf. le commentaire qu'en donne M. Benedetto, L'architecture des Fleurs du Mal, Zeitschrift f. franz Spraclie u. Lit. t. 39, 1912, p. 44-45

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