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a créé, se fait dire par Gustave Planche : « Il est facile de voir que M. Hugo, pour disposer de la rime, accepte de son esclave les conditions les plus humiliantes \ » Banville, dans ses Odes /?/yiamÔM/e.s^'we^ dont les premières paraissent de 1845 à 1S46 et dont le recueil est contemporain des Fleurs du Mal : 1857, inaugure la rime calembour : il n'a pas voulu créer une « manifestation de sa pensée », mais seulement une forme nouvelle, « une nouvelle langue comique versifiée » dont la rime elle-même serait le principal moyen comique ^ Enfin, avant le Petit traité de poésie française du même Banville, W. Ténint déclare que les vers se font par la rime, que la rime est le seul générateur du vers français ".
Etudions, pour commencer, le rôle de la rime dans les Fleurs du Mal. Nous appuyant sur l'inventaire dressé par M. Albert Gassagne *, nous constaterons que l'emploi de la rime est, chez Bau- * delaire, plus classique encore, dans un sens large, que parnassien. On définit, en effet, sa forme poétique en disant qu'elle est en équilibre entre le laisser-aller romantique et la rigidité parnassienne. Généralement, la rime est bonne, souvent excel-
1. A propos des Chants du crépuscule, Revue des Deux Mondes, 1838. (Gilation emprunlée ;i M. A. Cassag-ne : Versification et métrique de Ch. Baudelaire, Paris, 1906, p. 2.)
2. Préface de la 2» éd., 1859 ; p. 3-4 de l'éd. déf., Charpenlier
3. Prosodie de l'Ecole moderne, 1844, cilé p. Gassagne, p. 4.