Le flacon, XLVIII
l'art et l'ceuvre 315
Cette pestilence, évaporation de l'âme hors du corps décomposé, éveille en lui le sentiment, ou plutôt la sensation de l'immortalité :
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers, Que j'ai gardé la forme et Tessence divine
De mes amours décomposées I *
Ainsi,
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
L'esprit de Baudelaire « nage sur les parfums ^ ».
Les sensations du goût et de l'odorat conduisent instantanément le poète à celles de la forme et de la couleur. Nous voici donc arrivé à la plastique des Fleurs du Mal.
La poésie romantique avait exercé sur les peintres une influence parfois nuisible : Baudelaire lui-même ne loue-t-il pas Delacroix de chercher ses inspirations de préférence dans les livres " ? A partir de 1840, phénomène inverse : « Vers ce temps-là, écrit Asselineau dans sa vie de Baudelaire *, une