‹ Charles BaudelaireChapitre 206 sur 257 · L'art romantique, t. 111 Je- OEavres complètes, p · texte numérisé non relu

L'art romantique, t. 111 Je- OEavres complètes, p

même, « mais par moi, par ma grâce propre, par l'idée ou le sentiment que j'j attache ' ». La nature doit être traduite, recomposée. De là l'opposition de Baudelaire au réalisme en littérature, en peinture à Tabus du paysage, en un mot à ce « culte niais de la nature » dans lequel il voit « un signe évident d'abaissement général ^ ».

La nature est donc, dans toute son œuvre, une </ source secondaire d'inspiration. Prenez ses journaux intimes, vous n'y trouverez qu'une seule notation, d'ailleurs exquise : « Les ténèbres vertes dans les soirs humides de la belle saison \ » On voit bien que l'homme, les passions, les pensées, les rêves, et les œuvres de l'homme, lui semblent seuls dignes d'inspirer les muses. La nature n'intervient qu'en fonction de l'homme : c'est peut-être le trait le plus profondément classique de Baudelaire.

Gela ne veut pas dire qu'elle soit absente des Fleurs du Mal : les citations que nous avons déjà faites démontrent le contraire ; celles que nous serons amené à fair^, les renforceront. Baudelaire est un admirable évocateur de paysages.

Si ses préférences vont d'ailleurs aux paysages grandioses, exceptionnels, il n'en possède pas moins le sentiment de la nature moyenne, de la campagne, des maisons, des vendanges, du printemps et de l'automne. Relisez Paysage, le Soleil, VAme du

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