‹ Charles BaudelaireChapitre 209 sur 257 · L'homme et la mer XIV · texte numérisé non relu

L'homme et la mer XIV

2. La. musique, LXIX. « Pourquoi le spectacle de la mer est il si infinimenl et si élei-nellement agréable ? — Parce que la mer offre à la fois l'idée de l'immensité et du mouvement. » OEuvres posth.. Journaux intimes, 117-118.

l'art et l'œuvre 337

ou de négresses, nous savons pourquoi Baudelaire les a tant a aimées : parce qu'il n'a fait que les entrevoir, parce que la fatale Vénus noire les a incarnées en elle, parce que c'étaient pour lui des terres de rêve, des paradis presque artificiels, où se réfugier durant ses crises de spleen et de nostalgie. Voilà pourquoi il a déployé tant de magie à les évoquer en de troublants poèmes comme le Parfum exotique,, la Chevelure, le Serpent qui danse, le Beau navire, A une Malabaraise \ Ils avaient pour lui l'attrait du fruit défendu, du péché, de la mort et du néant.

Les évocations de la montagne sont rares, fugitives et brumeuses dans les Fleurs du Mal;k peine, de temps à autre, une image :

Comme un flot grossi par la fonte Des glaciers grondants;... ^

OU ces anges de Léonard de Vinci qui, avec un sourire chargé de mystère,

... apparaissent à l'ombre Des glaciei's et des pins qui ferment leur pays ^.

Il faut dire que Baudelaire avait entrevu tout juste, une fois dans son existence, la montagne. En 1837 ou 1838, il fit avec son beau-père, le général Aupick,un voyage dans les Pyrénées : il avait alors

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