‹ Charles BaudelaireChapitre 212 sur 257 · Bnudelaire, J5àle, 1917, p. 46 s. : L'animalier · texte numérisé non relu

Bnudelaire, J5àle, 1917, p. 46 s. : L'animalier

bornerons donc à résumer, parfois à compléter, ce qu'il a dit.

Le rôle joué par les animaux dans la poésie de Baudelaire, est important au point de vue symbolique. Dans la lettre à Toussenel ', il écrit, souvenons-nous en : « J'ai pensé bien souvent que les bêtes malfaisantes et dégoûtantes n'étaient peutêtre que la vivifîcation, corporifîcation, éclosion à la vie matérielle, des mauvaises jiensées de l'homme. » Conception qui l'amène à faire des animaux féroces, des monstres, un emploi symbolique absolument analogue à celui qu'en fait l'art médévial, surtout au XV® siècle. Dès la préface de Fleurs du Mal, i] évoque toute « la ménagerie infâme de nos vices » '. Dans l'enfer où nous descendons avec lui, nous voyons luire les larges yeux phosphorescents de monstres visqueux ^ ; nous glissons sur de longs vers *, des « crapauds imprévus et de froids limaçons » ^ ; nous roulons en des ravins hantés « des chats-pards et des onces ^ » ; nous mettons le pied en des tombes arides où la vipère fait ses petits '. Le spleen dont le poète est atteint, s'incarne dans le peuple muet des infâmes araignées, tandis que l'espérance bat des ailes comme une chauve-souris '. Son corps rongé par la luxure est une carcasse saignée par les becs des corbeaux^. Son cœur meur-

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