Suppl., XXIil
l'art et l'œuvre 349
des amants. Voilà poui'quoi le poète prend l'ocLosyllabe ; ce vers, en outre, lui convient d'autant mieux qu'on lui imprime facilement un certain tour galant, style xviii° siècle ; or c'est, nous l'avons déjà signalé, un caractère de toute cette pièce. Les stances seront plutôt longues pour mieux donner la sensation de la langueur, pour mieux suggérer le profond et nocturne paysage. Et le poète se servira d'un refrain en vers inégaux, très courts, pour rappeler le bruit irrégulier et continu du jet d'eau. Dans ce refrain, le son clair des e et le son grave des eur alterneront avec celui aigu et gai des i :
Tes beaux yeux sont las, pauvre amante I Reste longtemps, sans les rouvrir, Dans cette pose nonchalante Où t'a surprise le Plaisir.
Dans la cour le jet d'eau qui jase Et ne se tait ni nuit ni jour.
Entretient doucement l'extase Où ce soir m'a plongé l'amour.
La gerbe épanouie
En mille fleurs.
Où Phœbé réjouie
Mgt ses couleurs, Tombe comme une pluie
De larges pleurs ^..