‹ Charles BaudelaireChapitre 222 sur 257 · Op. cit., ch. IX, 99 s · texte numérisé non relu

Op. cit., ch. IX, 99 s

2. Il a. été, cependant, nous le savons, un admirateur de P. Dupont ; et, pour un drame intitulé l'Ivroçfiie, dont il n'a d'ailleurs laissé que le plan, il s'était amusé à composer une chanson populaire, la Chanson du scieur de long :

Rien n'est aussi-z-aimable, Fanfru-cancru-lon-lahira, Rien n'est aussi-z-aimable Que les scieurs de long...

{OEuvres posth., 159-160.)

l'art et l'œuvre 351

de Poe est déjà plus évidente. Mais la répétition et le refrain sont naturels à Baudelaire : c'est la forme qui convient le mieux à un artiste obsédé d'idées fixes, en proie au spleen, sans cesse replié sur lui-même, sans cesse perdu dans ses rêves. C'est également, pour un talent essentiellement musical, le procédé qui s'impose si Ton cherche à donner plus d'accent au rythme et plus d'ampleur à l'harmonie. La répétition des sons et la répétition des formes se retrouvent dans tous les grands arts, dans toutes les grandes poésies. L'emploi magistral qu'en a su faire Baudelaire se révèle à nous dans le Beau navire, V Invitation au voyage^ V Irréparable — où la sensation du remords est si fortement exprimée par des répétitions, — dans Y Rarînonie du soir ^ et le Balcon qui contiennent en germe presque tout le symbolisme.

Mais nous touchons à ce qu'on pourrait appeler le foyer de l'art baudelairien.

L'art de Baudelaire consiste — et c'est là peutêtre son secret — à coordonner musicalement l'asymétrie et la symétrie, le régulier et l'irrégulier. Si le poète écrit « que le rythme et la rime répondent dans l'homme aux immortels besoins de monotonie, de symétrie et de surprise ", » il note ailleurs, dans

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