‹ Charles BaudelaireChapitre 239 sur 257 · Ibid., p. 407 s · texte numérisé non relu

Ibid., p. 407 s

La critique musicale est représentée dans l'œuvre de Baudelaire par quelques pages seulement, mais elles sont magistrales : Richard Wagner et Tannhâuser à Paris \

Elles sont datées du 18 mars 1861. Elles représentent un des sommets de la pensée baudelairienne : le dernier de la chaîne. Ensuite, ce ne devait plus être que la descente dans le gouffre : la maladie, la misère, la fuite de Paris, l'exil à Bruxelles, l'extinction progressive de cette belle et claire intelligence dont les pages sur Wagner sont le dernier rayonnement.

Précurseur, Baudelaire, — écœuré par la sottise des Parisiens qui, on s'en souvient, avaient accueilli par des moqueries et des cabales la première manifestation del'art wagnérien, — défend un précurseur. Il le fait sans aucun fanatisme, avec enthousiasme, mais avec un enthousiasme raisonné qui cherche à justifier, à intensifier la volupté esthétique par la connaissance. Il avait le mérite — dangereux pour Fauteur des Fleurs du Mal, cet autre scandale, — d'être à peu près le seul de son avis : nous retrouvons ici son désintéressement et son habituel courage.

C'était la première, l'unique fois que Baudelaire se hasardait en pleine critique musicale. Certes, il aimait, sentait, comprenait, la musique : telle pièce ■

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