‹ Charles BaudelaireChapitre 251 sur 257 · Curiosités esthétiques, 85 s · texte numérisé non relu

Curiosités esthétiques, 85 s

Pierre Duponl \ aux excès contraires, au « voluptuosisme » de l'art pour Tart : « Le poète, placé sur un des points de la circonférence de l'humanité, renvoie sur la même ligne en vibrations plus mélodieuses la pensée humaine qui lui fut transmise ; tout poète véritable doit être une incarnation ^ » Car, si Baudelaire exige le culte absolu de l'art, il est opposé à la théorie de Tart pour l'art, au retour au paganisme, à la froide objectivité des Parnassiens :

Congédier la passion et la raison, c'est tuer la littérature. Renier les efforts de la société précédente, chrétienne et philosophique, c'est se suicider, c'est refuser la force et les moyens de perfectionnement. S'environner exclusivement des séductions de l'art physique, c'est créer de grandes chances de perdition. Pendant longtemps, bien longtemps, vous ne pouvez voir, aimer, sentir que le beau, .rien que le beau. Je prends le mot dans un sens restreint. Le monde ne vous apparaîtra que sous sa forme matérielle. Les ressorts qui le font se mouvoir resteront longtemps cachés. »

Voilà pourquoi le cri de guerre : plastique ! plastique ! proféré par ce qu'il nomme l'école païenne, lui donne « la chair de poule » ; il condamne cette passion frénétique et matérielle de l'art comme un chancre qui dévore le reste ; « et, comme l'absence nette du juste et du vrai dans l'art équivaut à l'absence d'art, l'homme s'évanouit '\ »

La beauté pour Beaudelaire n'est donc pas abstraite, plastique, académique ou parnassienne : elle réside dans le caractère. Saisir, rendre, mettre en relief le caractère, c'est en cela que le métier con-

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