Correspondance, t. IV, p
2. Edgar Poe, sa vie et ses œnrres, (en tête des Hisloiresextr.-, t. V des Œuvres complètes) : Azotes nouvelles sar E. P., en Icte des Nouvelles hist. extr.([. Vides 0. c).
L'iiOMME ET LA PENSÉE 61
derne : « Impitoyable dictature que celle de l'opinion dans les sociétés démocratiques ; n'implorez d'elle ni charité ni indulgence, ni élasticité quelconque dans l'application de ses lois aux cas multiples et complexes de la vie morale. On dirait que de l'amour impie de la liberté est née une tyrannie nouvelle, la tyrannie des bêtes, ou zoocratie '... » En vérité, les sauvages, ou plutôt ce que nous entendons par sauvages, nous civilisés, sont bien supérieurs aux démocrates modernes : le peau-rouge est plus civilisé que l'industriel américain, son oppresseur ^ Ainsi notre prétendu progrès n'est qu'une décadence : c'est la « grande hérésie de la décrépitude ^ ».
La société moderne est donc, aux yeux de Baudelaire, condamnée, et il prophétise la fin du monde :
Le monde va finir. La seule raison. pour laquelle il pourrait durer, c'est qu'il existé. Que cette raison est faible, comparée à toutes celles qui annoncent le contraire, particulièrement à celle-ci : Qu'est-ce que le monde a désormais à faire sous le ciel? Car, en supposant qu'il continuât à exister matériellement, serait-ce une existence digne de ce nom ? ^
La société moderne semble même incapable de retourner à l'état sauvage, car cette aventure supposerait une énergie vitale qu'elle ne possède plus.. Non : « nous périrons par où nous avons cru vivre », c'est-à-dire par le progrès de la mécanique^ et-t'abolition de la propriété. Le communisme qui s'établira
1. Ed. P., sa vie et ses œuvrer, p. 5 du l. V des Œuvres coinpl.