‹ Charles BaudelaireChapitre 42 sur 257 · L'ari romantique, t. III des Œuvres complètes, p. 94 (Le · texte numérisé non relu

L'ari romantique, t. III des Œuvres complètes, p. 94 (Le

peintre de la vie moderne, IX : le dandysme).

sommateurs, en jetant, au cours de la conversation, des propos de ce genre : « Après avoir assassiné mon pauvre père... Le jour où j'ai jeté ma maîtresse par la fenêtre... Moi qui suis fils de prêtre... Ne trouvez-vous pas que la cervelle de petit enfant a comme un arrière-goût de noisette ?...S>, — il affiche son mépris de la vulgarité ambiante, mais il se défend aussi contre elle. De même lorsqu'il déambule par les rues avec un boa de plumes rouges, quand il se teint les cheveux en vert. Mais tout cela n'est que gamineries, c'est le côté négatif du dandysme ". Prenons les côtés positifs.

Le plus apparent, le plus extérieur, est la perfection de la toilette, l'absolu dans l'élégance. Quand il avait de l'argent, Baudelaire a poussé très loin cet art du vêtement, qui est un art véritable. Dès qu'on unit le culte de la beauté plastique au culte du moi, la première œuvre d'art, n'est-ce point sa propre personne ? Les toilettes de Baudelaire sont restées célèbres. Le voici en 1840 ;

Pas un pli de son habit qui ne fût raisonné. Aussi quelle merveille que ce costume noir, toujours le même, à toute heure, en toute saison, ce froc d'une ampleur si gracieuse, dont une main cultivée taquinait les revers ; cette cravate si joliment nouée, ce gilet long, fermant très haut le premier de ses douze boutons et négligemment entrouvert sur une chemise si fine, aux manchet-

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