‹ Charles BaudelaireChapitre 44 sur 257 · Tém. de Ghamplleury, Crépet · texte numérisé non relu

Tém. de Ghamplleury, Crépet

Baudelaire à simplifier sa toilette, c'est alors qu'il inaugure la blouse avec le pantalon noir à pieds et les souliers à la Molière. D'ailleurs, jusqu'à la fin de sa vie, malgré la misère croissante, il s'ingéniera toujours à demeurer méticuleusement correct. Sous les habits râpés, il portera toujours du linge blanc. Il soignera ses mains jusqu'au dernier moment. Peu avant sa mort, lorsque le malheureux aphasique végétait dans une maison de santé, son ami Nadar obtenait parfois la permission de l'emmener chez lui ; le premier soin de Baudelaire, en arrivant, était de se laver à grande eau, bien qu'il n'en eût pas besoin : « Il manifestait une joie enfantine à considérer ses mains blanches, aux ongles soignés, et à les agiter devant la fenêtre, pour y faire jouer la lumière ^ »

Le dandysme de Baudelaire est une double protestation : contre le mauvais goût bourgeois, mais aussi contre le débraillé de la bohème. S'il réagit contre le milieu ambiant et l'époque, il ne veut pas non plus se laisser confondre avec la gent des mansardes littéraires et des ateliers. Son dandysme est donc essentiellement aristocratique, ancien régime, en parfait accord, non seulement avec ses conceptions esthétiques, mais avec ses idées politiques et sociales.

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