Ibid., 9i
l'homme et la pensée 91
limites extérieures des convenances ' » ; c'est la raison mue par la volonté, afin de résister impassible à tous les chocs de l'existence. Car le véritable dandy, le dandy conscient, doit être supérieur à tout ce qui peut lui arriver en bien comme en mal. Il ne doit trahir ni l'émotion, ni la joie, ni la souffrance : « Un dandy... peut être un homme souffrant ; mais, dans ce dernier cas, il sourira comme le Lacédémonien sous la morsure du renard \ » 11 doit étonner, mais ne doit jamais être étonné. La loi qu'il s'impose, il lui obéira perinde ac cadaver : « Le dandysme est le dernier éclat d'héroïsme dans les décadences ". »
Dans cette conception que Baudelaire se fait du dandysme, on retrouve l'individualisme romantique : le héros romantique est en perpétuelle opposition avec la société, parce qu'il est en perpétuel état d'exception, se sentant supérieur à tout. C'est pourquoi il s'ennuie *. Ainsi le René de Chateaubriand que rien, fors lui-même, ne peut satisfaire, qui se lasse du sceptre comme de la houlette, et va partout baillant sa vie. Ainsi le Manfred de Byron, enfermé invinciblement en lui-même % qui se révolte contre tout, a toutes les audaces % garde