Lettres inédites, p
mais je n'ai osé me plaindre si haut. J'espère que vous voudrez bien mettre cette exLcitation sur le compte des souffrances inconnues à vous que je subis. 1/oisiveté absolue de ma vie apparente, contrastant avec l'activité perpétuelle de mes idées, me jettent dans des colères inouïes... Je soulTre trop pour ne pas vouloir en finir une dernière fois. Ce mot est déjà, je crois, revenu plusieurs fois.
A quoi songe-t-il? au suicide? pas encore, mais à s'expatrier. Il voudrait partir pour l'Ile-de- France où il a gardé quelques relations :
J'y trouverai une place très facile à remplir, des appointements beaux pour un pays où l'on vit facilement quand on y est établi, et l'ennui, l'ennui horrible et l'affaiblissement intellectuel des pays chauds et bleus. Mais je le ferai comme châtiment et expiation de mon orgueil, si je manque à mes dernières résolutions.
En tous cas, quoi qu'il arrive, il se refuse à tout emploi ofiiciel : ce serait une domesticité. Et il ne compte partir que s'il est sûr de pouvoir payer toutes ses dettes '.
Ce qui complique sa situation, c'est la terrible Vénus noire, la Duval :
Vous m'avez maltraité, écrit-il à M. Aupick, le 8 décembre 1848, uniquement à cause d'une pauvre femme que je n'aime
depuis longtemps que par devoir Quelque nombreuses que
soient les infidélités d'une femme, quelque dur que soit son caractère, quand elle a montré quelques étincelles de bon vouloir et de dévouement, cela suffit pour qu'un homme désintéressé, un poète surtout, se croie obligé de la récompenser '■'.
Mais, le 27 mars 1852, il confie à sa mère :
Je suis obligé de travailler la nuit afin d'avoir du calme et d'éviter les insupportables tracasseries de la femme avec laquelle je vis. Quelquefois je me sauve de chez moi, afin de pouvoir écrire, et je vais à la bibliothèque, ou dans un cabinet de