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Dans cette lutte constante, Baudelaire commençait à s'affaiblir. Au commencement de 1862, il écrit dans son Journal intime : « J'ai cultivé mon « hystérie avec jouissance et terreur. Maintenant^ « j'ai toujours le vertige, et aujourd'hui, 23 Jan- « vier 1862, j'ai subi un singulier avertissement, « j'ai senti passer sur moi le vent de l'aile de l'im- « bécillité \ » Fuir, quitter ce Paris qu'il prend en horreur après l'avoir tant et trop aimé ! « A Hon- « fleur ! le plus tôt possible, avant de tomber plus « bas -, » Il est comme ces malheureux blessés qui se mettent à courir, pensant échapper ainsi à la
mort, et qui s'abattent Fuir donc, changer de
vie, se régénérer moralement par la religion, physiquement par l'hygiène : voilà l'état d'esprit que nous révèlent ses notes intimes. C'est pourquoi, en 1864, dans la dernière quinzaine d'avril, il est à Bruxelles.
Il s'est rendu en Belgique dans les pires conditions, mais avec le double espoir de gagner de grosses sommes en faisant des conférences publiques, et de vendre à un éditeur l'édition de ses Œuvres complètes. Double espoir, double désillusion. Le public se désintéresse et l'éditeur se dérobe. Baudelaire se retrouve seul' en face de ses misères accrues, dans un milieu tout nouveau pour