OEavres posthumes, p
3. Œuvres posthumes, fragments sur la Belgique, part : 272, 274, 281. Ajoutons d'ailleurs qu'il n'est guère plus tendre pour le catholicisme des Belges.
l'homme et la pensée 119
des Belges : « Quel peuple inepte et lourd !... Ici, « les Jésuites ont tout fait, et tout le monde est in- « grat pour eux \ » De là son goût pour le style jésuite. Dans ses notes sur la Belgique, on ne trouve rien, ou presque rien, sur l'art flamand ; en revanche, que de remarques délicieuses sur ces églises pleines de « charmant mauvais goût », qui sont comme les « boudoirs de la religion », où régnent la lumière et la blancheur, et qui « semblent touj ours communier » ; et sans doute Baudelaire les aime pour ce mélange de mysticisme et de mondanité dans lequel il retrouve des sensations ambiguës où l'amour profane et l'amour divin se confondent \
Dans cette attitude, il n'y a pas seulement Tinfluence de Joseph de Maistre. Il y a la rgajctiaa de l'artiste contre la vulgarité de l'anticléricalisme bourgeois, une réaction contre tous les Homais de Belgique et de France ' ; il y a aussi ce qu'on pourrait appeler du « dandysme en soutane * »; il y a la révolte de l'individualiste contre le nivellement par en bas, l'esprit grégaire ; il y a l'opposition dun homme qui a souffert, et pensé parce qu'il a souffert, contre les utopies du socialisme romantique et humanitaire. Réactionnaire, aristocrate et catholique, ce sont pour Baudelaire des synonymes. Il nous apparaît ainsi comme un précurseur de ceux, il y en a, qui s'affirment catholiques, sans croire, pour des raisons politiques et sociales.