‹ Charles BaudelaireChapitre 67 sur 257 · Œuvres posthumes · texte numérisé non relu

Œuvres posthumes

3. « Je m'ennuie en France, surtout parce que tout le inonde y ressemble à Voltaire. <> OEavres post., J. int., 110.

4. Dès cette époque, il affecte quelque cliose d'ecclésiastique dans sa tenue.

Cette constatation peut être grave : Baudelaire oserait-il se proclamer, comme certains, catholique et athée, catholique sans être chrétien ? Autrement dit, n'j aurait-il en lui aucune foi véritable, aucun besoin de Dieu — et par conséquent de la prière, de la pratique? Ses journaux intimes et ses Fleurs du Mal vont nous permettre de répondre.

L'éducation religieuse, même incomplète, qu'il avait reçue* dès son enfance, l'avait d'autant plus marqué de son empreinte, que déjà se révélaient chez le jeune Baudelaire des tendances à la mysticité : « Dès mon enfance, tendance à la mysticité. Mes conversations avec Dieu \ » En effet, Baudelaire est un niysti^e. Le mysticisme se dégage presque de chaque page de son recueil, il en est le parfum le plus subtil et le plus pénétrant.

L'âme qui palpite en lui, c'est bien l'âme moderne, pénétrée de christianisme jusqu'en ses fibres les plus intimes, jusqu'en ses ressorts les plus secrets. Le cœur a beau rester charnel et l'esprit sacrifier lui aussi à des divinités de chair, il n'y a rien là qui ne reflue aux sources mêmes du christianisme, car c'est être chrétien évidemment que de porter en soi la notion de la déchéance et du péché, de se tourner vers Dieu comme vers un consolateur, d'aspirer à sa ressemblance et de considérer les sacrements comme les moyens dont nous disposons pour y réussir ^.

Baudelaire s'est donc nettement posé le problème religieux, il lui a donné la solution catholique.

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