Œuvres posth
régénérescence, tous ses derniers espoirs d'avenir: « Le goût du plaisir nous attache au présent. Le soin de notre salut nous suspend à Tavenir... Connais donc les jouissances d'une vie âpre, et prie, prie sans cesse. La prière est un réservoir de force ^ » Qu'elles sont émouvantes, dans leur simplicité enfantine et dans leur brièveté qui rappelle encore une fois Pascal, les prières de cet homme qui n'a plus d'autres ressources, d'autre soutien ! 11 se tourne vers Dieu et il lui demande : « Ne me châtiez pas dans ma mère, et ne châtiez pas ma mère à cause de moi. — Je vous recommande les âmes de mon père et de Mariette. — Donnez-moi la force de faire immédiatement mon devoir, tous les jours, et de devenir ainsi un héros et un saint \ » C'est que Baudelaire sent qu'il est un homme perdu s'il n'agit pas tout de suite :
« Que de pressentiments et de signes envoyés déjà par Dieu, qn'i\ est grandement temps d'as^ir, de considérer la minute présente comme la plus importante des minutes... En renvoyant ce qu'on a à faire, on court le danger de ne jamais pouvoir le faire. En ne se convertissant pas tout de suite, on risque d'être damné ^... Pour guérir de tout, de la misère, de la maladie et de la mélancolie, il ne me manque absolument que le goût du Travail... Faire son devoir tous les jours et se fieijà Dieu, pour le lendemain... Une sagesse abrégée. Toilette, prière, travail. — Prière : charité, sagesse et force. — Sans la charîTé, je ne suis qu'une cymbale retentissante ". — Mes humiliations ont été des grâces de Dieu. — Ma phase d'égoïsme est-elle finie ?... L'habitude d'accomplir le devoir chasse la peur... Une suite de petites volontés fait un gros résultat. Tout recul de la volonté est une parcelle de substance perdue. Combien donc l'hésita-