Lettres, p. 94 s. (à partir du 9 déc
éditeur : « Vite, cachez, mais cachez bien, toute l'édition... ' » Que s'était-il donc passé ? Le livre sortait de presse, il avait fait scandale ; la justice venait d'intervenir et d'ordonner la saisie, en attendant le procès. Selon Baudelaire, l'attention du parquet avait été attirée sur le recueil par un article des plus malveillants, signé Gustave Burdin, et paru dans le Figaro. On y lisait : « L'odieux y coudoie l'ignoble ; — le repoussant s'y allie à l'infect... Ge livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l'esprit, à toutes les putridités du cœur. » Burdin daigne reconnaître que certains poèmes, — Reniement de saint Pierre^ Lesbos, Femmes damnées^ — sont des chef d'œuvre ; il n'en affirme pas moins, comme conclusion, que rien ne saurait excuser le poète d'avoir donné le jour « à de semblables monstruosités ' ».
Baudelaire fut donc traduit en police correctionnelle, avec son éditeur et son imprimeur. Son recueil était assimilé aux chansonniers obscènes. Tout de suite, il prit en main sa défense, aidé par ses amis. Sans vouloir entrer dans les détails du procès, — il y eut condamnation légère et suppression de six pièces ', — voyons quels furent les principaux arguments qu'il invoqua en sa faveur.
Dans les Notes et documents pour mon avocat ',