‹ Charles BaudelaireChapitre 78 sur 257 · Fleurs du Mal, appendice, p. 360 s · texte numérisé non relu

Fleurs du Mal, appendice, p. 360 s

l'art et l'œuvre 141

lité. Charles Asselineau ^ prononce un jugement analogue. Le marquis de Custine écrit à l'auteur : « Vous réfléchissez comme un miroir fidèle l'esprit d'un temps et d'un pays malades '. » Emile Deschamps '\ dans une pièce de vers dédiée « à quelques censeurs », évoque une fois de plus le nom de Dante. Et ce nom revient également sous la plume de Barbey d'Aurevilly

Il y a du Dante, en effet, dans l'auteur des Fleurs du Mat, mais c'est du Dante d'une époque déchue, c'est du Dante d'une époque athée et moderne, du Dante venu après Voltaire, dans un temps qui n'aura point de saint Thomas.. Voici un Rancéi sans la foi, qui a coupé la tête à l'idole matérielle de sa vie; qui, comme Caligula, a cherché dedans ce qu'il aimait et qui crie du néant de tout, en la regardant! Croyez- vous donc que ce ne soit pas là quelque chose de pathétique et de salutaire?... Quand un homme et une poésie en sont descendus jusque-là, — quand ils ont dévalé si bas, dans la conscience de l'incurable malheur qui est au fond de toutes les voluptés de l'existence, poésie et homme ne peuvent plus que remonter.

Et Barbey somme Baudelaire, ou de se suicider, ou de se faire chrétien. On connaît enfin le jugement célèbre et définitif de Victor Hugo ^ : « Vous dotez le ciel de l'art d'on ne sait quel rayon macabre. Vous créez un frisson nouveau. »

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