‹ Charles BaudelaireChapitre 85 sur 257 · Le Spleen de Paris, 212 s · texte numérisé non relu

Le Spleen de Paris, 212 s

2. Comparer l'Invitation au voyage des Fleurs du Mal, LUI, à celle du Spleen de Paris, 72 s. ; celle comparaison a été faite récemment par M. Dôrieux, Baudelaire, Bàle, 1917, p. 39-49.

fragés oubliés dans une île, aux captifs, aux vaincus, — à lui-même enfin S .

Pour mieux chercher la solitude et le rêve, il se perd dans la foule.

Il n'est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art; et celui-là seul peut faire, aux dépens du g'enre humain, une ribote de vitalité, à qui une fée a insufflé dans son berceau le goût du travertissement et du masque, la haine du domicile et la passion du voyage.

Multitude, solitude : termes généraux et convertibles par le poète actif et fécond. Qui ne sait pas peupler sa solitude, ne sait pas non plus être seul dans une foule affairée ^.

Mais Baudelaire est un observateur ; en outre, cet homme qu'on a taxé d'égoïste, d'individualiste jusqu'à la férocité, est, avec Victor Hugo et plus encore qu'un Manuel ou qu un François Coppée, le poète des humbles. La poésie des humbles, Baudelaire en a été l'un des créateurs en France. Prenez, pour vous en convaincre, le Spleen de Paris : lisez le Joujou du Pauvre \ Les yeux des pauvres *, Le vieux saltimbanque ^ et surtout Les Veuves ^ :

Avez-vous quelquefois aperçu des veuves sur ces bancs solitaires, des veuves pauvres? Qu'elles soient en deuil ou non, il est facile de les reconnaître. D'ailleurs, il y a toujours dans le

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