CHAPITRE III LA DIVINE COMÉDIE : L'ENFER
( Quelle tentation vient de pousser Baudelaire dans /cette cité infernale ? L'ennui.
L'ennui, lassitude de l'âme, incuriosité de l'esprit, fatigue du corps. L'ennui, véritable souffrance, quand au dégoût de la vie et du monde s'ajoute le dégoût de soi-même ; lorsque, impuissant à réagir, on ne trouve en soi, autour de soi, que détresse et misère. L'ennui, ce faux renoncement, ce faux repos de l'égoïsme ; « Rien n'est si insupportable à l'homme, dit Pascal, que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent, il sortira du fond de son âme l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir '. »
Cet ennui' Daudelairien est la dernière évolution du mal romantique. René bâillait sa vie,