Pensées, Edition Brunsclivicg, p
mais il la bâillait majestueusement : il était jeune, noble, plein d'honneur ; il pouvait se contempler avec satisfaction lui-même, de lui-même il ne se lassait jamais. Mais Baudelaire est las de soi, il se fait horreur. Il voudrait oublier,, aimer, vouloir : il ne le peut plus. C'est le premier supplice, dans le premier cercle de son Enfer.
L'ennui baudelairien est d^abord une maladie de la volonté ;
Sur l'oreiller du mal, c'est Satan Trismégiste Qui berce longuement notre esprit enchanté, Et le riche métal de notre volonté Est tout vaporisé par ce savant chimiste ^
On y découvre, ensuite, logiquement, de la lâcheté: on compose avec le vice et la misère, on alimente ses aimables remords
Gomme les mendiants nourriss<ent leur vermine.
On vole au passage un plaisir clandestin qu'on presse bien fort, « comme une vieille orange. » Et, si l'on ne va pas jusqu'au crime,c,*est tout simplement que Fâme manque de harç(iésse ".
On y découvre enfin, surtout, nous le savons, de régoïsme : à force de descendre cliaqviejour d'un pas, sans horreur, « à travers les ténèbres (jm puent », le poète en est arrivé à ce point où rénnui devient un vice, — le plus féroce, monstrueujc^iiéronien des vices :