C. Meryon
Je vais m'occuper du placement des suites auprès des personnes qui ont eu^ sur votre recommandation, Textrême bonté de s'intéresser à cette œuvre.
Meryon. — 20, rue Duperré.
Lettre de M. Paul de Saint-^ Victor.
Monsieur,
Je vous remercie de m' apprendre que M. Rouvière ait reparu au théâtre. Je n'ai pas vu la reprise des Mousquetaires et j'ignorais qu'il y eût un rôle. Il me suffirait de votre recommandation pour m'engager à l'aller voir, car j'attache un trop grand prix au jugement d'un esprit tel que le vôtre pour n'être pas sûr d'avance de le partager. Puis, je me souviens très-bien de l'impression qu'il me fit il y a quelques années dans les rôles d'Hamlet et de Charles IX, qu'il jouait d'une façon tout à fait supérieure et poétique.
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Il est très-vrai. Monsieur, que je suis sous le charme des histoires vraiment extraordinaires que vous traduisez à l'eau-forte, pour ainsi dire. Je ne cesse de réclamer leur publication suivie au journal, et je me suis indigné autant que vous des réclamations des quatre ou cinq imbéciles qui ont protesté. En pareille circonstance, et lorsqu'on est sûr de servir du génie au public, mon avis est qu'on doit passer outre, et continuer à jeter des perles aux pourceaux malgré leurs grognements.
J'irai certainement à la Gaîté la semaine prochaine, et ce sera pour moi un plaisir de parler de M. Rouvière.
Veuillez agréer l'assurance de mes sentiments de considération et de sympathie.
Paul de Saint-Victor.
Vendredi.
Lettre de M. H. Taine.
Cher Monsieur ,
Je suis tellement occupé et ma santé est si médiocre, que je ne puis me charger d'un article important comme celui que vous me proposez. J*admire beaucoup Poe ; c'est le type germanique anglais, à profondes intuitions^ avec la plus étonnante surexcitation nerveuse.
Il n'a pas beaucoup de cordes , mais les troisou quatre qu'il a vibrent d'unefaçon terrible et sublime. Il approche de Heine; seulement tout chez lui est poussé au noir^ l'alcool a fait son office.
Mais quelle délicatesse et quelle justesse dans l'analyse ! — Je n'aime pas trop Eurêka qui est de la philosophie comme celle de Balzac dans Séraphita et de Hugo dans les Contemplations.
Puisque vous le demandez, c'est le seul des cinq volumes que j'aie reçu, et encore c'était de votre main. M, Lévy
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ne m'en a envoyé aucun , mais je Tai lu tout entier.
Quel* malheur que vous n'ayez pas inséré en anglais les io8 vers anglais de Newermore ! Mais quel traducteur vous faites^ et comme l'accent y est avec toute son âpreté , toute son intensité et toutes ses inflexions!
Mille remerciements , j'ai lu déjà la moitié de ce nouveau volume (*), et je vais faire voire commission à Flaubert.
Croyez-moi j je vous prie , votre trèsobligé et dévoué,
H. Taine.
3o mars i865«
(*) Histoires grotesques et sérieuses de Poe ; Paris, Michel Lévy, 1864, in- 18.