‹ Charles Baudelaire: souvenirs, correspondances, bibliographie. Suivie de pie?ces ine?ditesChapitre 14 sur 34 · DE LONGFELLOW · texte numérisé non relu

DE LONGFELLOW

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^;^ES lettrés ne se sont pas expliqué la H l[^ présence dans V édition des Fleurs du mal

Cjpr-> des œuvres complètes de la traduction partielle d'un poème de Longfellow, le Calumet de paix , qui rappelle les sujets préférés de M. Leconte de Lisle.

En effet, ce fragment n'est pas à sa place dans la division Spleen et Idéal , et peut-être même devrait-il être retiré du volume.

Charles Baudelaire n'a, bien entendu , jamais eu l'idée de rivaliser M. de Lisle sur le terrain de la paléontologie lyrique. Son admiration pour ce grand descriptif, chef d'une école qui fait sa gloire, s'arrêtait en deçà de l'imitation. Si le Calumet de paix est une sorte de poème barbare, c'est affaire entre Longfellow et M. de Lisle. Baudelaire n'y est pour rien , assurément.

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Cette traduction lui avait été demandée par un Américain des États-Unis, M. Robert Stœpel, compositeur d'une symphonie sur l'œuvre de Longfellow, qu'il avait entrepris de faire exécuter au Théâtre-Italien. Mlle Judith devait être chargée de la déclamation du poème, par parties , en manière d'intermèdes explicatifs.

L'affaire ne s'arrangea pas; elle causa à Baudelaire bien des ennuis ; en fin de compte il ne mit en vers que le début du Calumet de paix.

Ceci se passait en 1860.

Nous devons ces détails à M. P.-Malassis qui a mis à notre dispositioji une lettre à l'appui.

Lettre à M. P.-Malassis.

M. Robert Stœpel a voulu encore ce soir mardi entamer la question d'argent, et j'ai vu qu'il craignait une demande trop forte.

Tout en sauvegardant vivement mes intérêts^ soyez aussi poli et gracieux

que possible. M. Stœpel a Tair d'un galant homme, vivement préoccupé de se faire en Europe un succès aussi net qu'en Amérique. Je crois que M. Stœpel et sa femme vivent uniquement par leurs talents ; tout cela m'inspire beaucoup de pudeur ; mais d'un autre côté, j'ai été obligé d'écrire à de Galonné, à Crepet et à Grandguillot qu'il fallait me faire encore crédit d'une quinzaine de jours. D'ailleurs la besogne, sincèrement parlant, est rude. Figurez-vous que M. Stœpel, en arrivant d'Amérique, s'est adressé à Méry (qui s'est joué de lui et a fini par lui déclarer que puisque lui, Méry, n'en pouvait pas venir à bout, la chose était impossible); à Emile Deschamps, à Henri Blaze (qui a voulu l'adresser à SaintrGeorges), à Philoxène Boyer, enfin à Banville qui l'a adressé à moi. Il n*est venu à moi qu'en désespoir de cause.

Il m'a dit ce soir qu'il pouvait consacrer soixante-dix mille francs à la

première soirée. Je désire que vous demandiez le plus possible^ et en même temps que vous soyez charmant pour ce monsieur qui d'ailleurs le mérite.

Sur seize ou dix-huit morceaux^ je crois, je lui en ai livré deux.

Tout à vous.

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