SE >" PE
ner un corps à la monadologie » en la résumant ! Cependant, il n'en conclut pas moins que Leibniz est le père de la Métaphysique transcendante et que « jamais génie n’a plus créé que celui de Leibniz » (333). ù
Au fond, si Bonnet a exposé systématiquement les idées de Leibniz en trois passages, dans la « Palingénésie » et dans les « OEuvres diverses », comme nous le disions un peu plus haut, il semble que ce ne soit pas tant pour illustrer cet'auteur que pour se défendre contre une accusation de plagiat, tout en montrant au lecteur que ses propres thèses ressemblaient beaucoup à celles d'un grand génie : prudence et vanité.
« Je suis dans l'obligation, écrit-il (15.290), de mettre ici sous les yeux de mes lecteurs, quelques passages de Leibniz qui les aideront à juger de ses principes sur cette belle matière... comme l'on pourrait soupçonner que j'ai puisé chez ce grand homme la plupart de mes idées sur l’état passé et futur des Animaux, il sera bon qu’on puisse comparer ses principes avec les miens et juger de leur différence ».
En effet, il est des théories que Bonnet prétend siennes et qui ressemblent étrangement à d’autres de Leibniz, en particulier celles ‘de la survivance de l’âme des brutes et celle de l’ « Enveloppement ». Leibniz déclarant que « la mort apparente n’est qu'un enveloppement », Bonnet avec une candeur mais aussi un à-propos trop peu naturel, ajoute ceci : « Nous ne voyons point ici ce que Leibniz a entendu... J'ai eu autrefois une idée qui me parail se rapprocher de l’enveloppement leibnizien que je ne connaissais pas alors. Je vais l’exposer en raccourci : elle servira si l’on veut de commentaire au texte fort obscur de notre auteur ».
De même, il l'avoue dans les « OEuvres diverses » (18.8) : c'était pour mettre mon lecteur à portée de comparer mes idées avec celles de Leibniz que j'avais rassemblé quelques passages de ce grand métaphysicien.. » Mais oubliant cela, il écrit ailleurs qu’étudiant l’enveloppement leibnizien, (en 1768 prétend-il), il admira la « conformité singulière » de cette hypothèse avec la sienne. (18.31).
Bonnet avait le plagiat en horreur ou du moins, il le proclamait fréquemment : (13.359 ; 16.368 ; 16.487 ; 16-220) HD AGE EX XX; 13.xI0 : 13.169; 12.189; 15.179; 15.29r; 1h20 VelC...i): Accusé indirectement de ce délit littéraire, la chose lui sembla
ge
d'autant plus pénible et il eut tellement à cœur d’y remédier qu'il consacra trois ouvrages spéciaux à cette affaire :
1°. — L'un figure dans les « OEuvres diverses » : la « Lettre à des journalistes » (18.40) ; les deux autres sont inédits. Ce sont :
2°. — Un compte-rendu des « Mémoires ». Fe
3°. — Le volume intitulé « Pièces relatives aux démêlés littéraires
de l’Auteur de l'E. A. avec l’Abbé Sigorgue, grand vicaire de l’Evêché de Mâcon, auteur des Institutions libniziennes » (cote 24). - Cet incident ne mérite point qu’on s’y attarde.
En résumé, l'attitude de Bonnet à l'égard du philosophe allemand est assez indépendante : sa piété s’enthousiasme pour la « Théodicée » où il voit le meilleur abrégé de dévotion philosophique et chrétienne » (15.298). Il aime le défenseur de l'Evangile (15.324). Il montre qu'il connaît bien aussi les autres parties du système : il admire l'imagination du constructeur de la Monadologie, il adopte plusieurs de ses grandes hypothèses, mais il n’hésite pas à en rejeter d’autres, à critiquer plusieurs défauts et à souligner-son indépendance à l'égard de l’éminent philosophe, bien qu'il se rencontre souvent avec lui et semble lui emprunter parfois, comme le souligne Papillon (« Histoire de la philosophie », I). |
En fait, il aurait été selon ce même critique, un des grands diffuseurs des idées leibniziennes qui n’avaient pas encore la célébrité qu’elles ont acquise aujourd’hui dans le monde philosophique : « il développe toutes les idées de Leibniz sur la nature, sur l'esprit et sur Dieu et avec tant d’abondance et de couleur qu’il est permis de le ranger parmi ceux qui ont le plus contribué au succès de ces idées. Il partage et il exprime contre les taxonomies et les nomenclatures, les inêmes préventions que les autres leibniziens de son époque ».
D'après Foucher de Careil, « ce fut le génevois Charles Bonnet, disciple de Leibniz qui introduisit la loi de continuité dans les sciences naturelles » « Mémoires », T. Il, p. 278). |
Bonnet et Montesquieu
Dans une étude sommaire que nous avons signalée, Humbert prétend voir en Bonnet, un « disciple » de Montesquieu.
À vrai dire, c’est surtout au point de vue de la méthode qu'il semble avoir subi un peu son influence. Dans |’ « Essai » de 1704,