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c'est que le premier admet l'existence d’une âme : cependant nous avons dit avec quel médiocre enthousiasme il le fait... #
Bonnet et les Empiristes
Il est un autre groupe de philosophes auxquels tous les critiques prêtent de concert, une influence capitale sur Bonnet ; ce sont : : Locke, Hume, Hartley et Condillac.
La thèse d'Albert Lemoine sur Bonnet en particulier, n’est en grande partie qu’une comparaison confuse du système de notre auteur avec celui de ces philosophes, et même de tous ces philosophes entr'eux. Hélas, nous ne saurions tirer de cet ouvrage, de conclusions bien nettes.
Edmond Perrier et Gérando, bien que très cursifs, sont beaucoup plus exacts et ont jugé clairement à ce point de vue. Comme le reconnaît justement le premier, Bonnet adopte la plupart des opinions de Locke sur l’origine des fait psychologiques, sur le rôle de la sensation, sur l'association des idées, etc... De Gérando prétend même que, en empruntant les vues de Locke, Bonnet les a « exagérées » : « La philosophie de Bonnet, écrit-il, (op. cit. p. 392) est une combinaison de celle de Locke et de Leibniz... elle est la seule dans laquelle les principes de deux doctrines si opposées se sont rencontrés, ont tenté de se confondre ».
Bonnet ne dissimule point que Locke ait professé timidement l'hypothèse que lui, a professé avec assurance, à savoir que la Matière peut penser (17.104) : « les écrivains qui ont beaucoup loué l'excellent Locke, lit-on dans la « Palingénésie » (16.80), sur «e qu'il n'avait point osé décider que la Matière ne püût pas penser, n’avaient-ils dans l’esprit et dans le cœur que de célébrer la modeste réserve du sage ? » C’est là l'unique passage concernant Locke dans les « OŒEuvres ».
Par contre, dan une lettre inédite au professeur Allamand, (x.91) Bonnet écrit ceci : « Comparez je vous prie, le chapitre « de la puissance » de Locke avec le chapitre 19 de mon Analyse, et vous me direz quel est celui qui vous paraît avoir atteint de plus près au vrai. Il s’en faut bien que le sage Locke ait fait une analyse. Je suis bien éloigné de me comparer à Locke : il est véritablement le père de la philosophie rationnelle et je suis rempli pour lui du plus grand