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L'ORDRE MORAL

Parmi les différents domaines où s'exerce l’activité animale et plus spécialement l’activité humaine, il en est un particulier, celui des actions « morales », des « mœurs » ; il se distingue du domsine des actions « purement machinales » et des actions qui n’ont pas une liaison sensible avec la recherche du bonheur. C'est que l'homme a une prérogative spéciale : il est. un « être moral » parce qu'il est intelligent. (18.325).

Que faut-il entendre par actions « morales » ? elles sont ainsi nommées parce qu’elles sont soumises à une loi, la loi naturelle, résultat des rapports de l'Homme avec les autres êtres. (13.204), (15.347).

L'ordre moral s'oppose à l’ordre physique ; c’est au hasard d’un chapitre de la « Palingénésie » sur les « Objections contre la preuve testimoniale » que nous l’apprenons (16.244). Leur différence est la suivante : « Le premier tient aux modifications possibles des corps, le second tient aux manifestations possibles de l’âme ».

C’est par la notion philosophique de l « Etre moral » qu'on acquiert celle de l'Ordre moral. La notion de l’être moral, à son tour, s’acquiert « en considération des Facultés de l'âme dans leur application à la pratique » (18.319).

L'être moral est ainsi défini : « un être intelligent (i. e. capable

d'abstraire, de comparer et de juger, 239) qui, en vue de son bonheur ou des idées qu’il se fait de la perfection, conforme ses actions aux divers rapports qu’il soutient avec différents êtres. »

En second lieu, Bonnet emploie aussi l'expression « Ordre moral » pour désigner l’ordre psychologique. C'est en ce sens qu'il écrit dans la « Palingénésie » : « l'Ordre moral a ses lois, les hommes ne dépouillent pas sans cause et tout-à-coup leur caractère. » (16.306).

Enfin, il emploie aussi ce terme en un troisième sens, celui où il s'oppose à désordre : « Les mêmes raisons, écrit-il dans la « Palingénésie » (16.209), qui nous portent à admettre un certain ordre dans le monde physique doivent me porter à admettre aussi un certain ordre dans le monde moral. » (16.209) Cet ordre est préétabli par Dieu (16.113). La notion d'ordre ainsi entendue est capitale : « Toutes les idées morales se réduisent à celle d’ordre et de désordre » (17.158).

La Moralité

Il est une autre expression qui revient assez souvent dans les œuvres et qui désigne à peu près la même chose : c’est celle de « Moralité ». Voici les principales définitions qui en sont données :

« La moralité consiste essentiellement dans la conformité des jugements et des actions de l’homme avec l’ordre établi, ou ce qui revient au même, avec l’état des choses. » (16.144). L'action qui a un caractère de moralité s'oppose aux actions « indifférentes ».

« La moralité des actions de l'être intelligent consistera dans le rapport de ces actions à la loi qui les régit » (16. 325). Elle « réside uniquement dans le principe qui détermine la Volonté, et non dans l'exécution qui est un acte purement physique » (14.23).

« La Moralité suppose essentiellement des notions ou des idées réfléchies que seul l’homme peut avoir. » (9.397 note). Ainsi, elle ne caractérise exclusivement que les actes des êtres intelligents (18.328) et jamais ceux des animaux.

Dernier détail, elle tient à l'usage des termes du langage (17. 155- 15.288) : sans langage point de moralité.

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