‹ Charles BonnetChapitre 81 sur 99 · RO · texte numérisé non relu

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véritable sanction, la seule qui soit admise comme suffisante et équitable, est celle d’une vie future, consécutive à un jugement spécial opéré par Dieu: Kant n'en faitil point un des postulats de la Raison pratique ?

Chez Bonnet, l’homme étant vertueux par prédestination donc sans mérite, la sanction récompense perd son sens, puisqu'elle n'est qu'un accroissement de dons, de faveurs, de privilèges et non point une récompense proprement dite, c’est-à-dire une compensation des efforts pénibles du mérite.

Seule, la sanction-peine conserve en un sens, son rôle médicinal : « Les Peines sont le moyen qui ramènera à l'Ordre tous les Etres qui auront eu le malheur de s’en écarter » (17.241). « Le malheur à venir annoncé par la Révélation, écrit-il encore dans ses « Mémoires » inédits, (p. 127) aura pour fin de ramener à l'Ordre ceux qui s'en seront écartés, et il précise : en le leur faisant envisager comme le meilleur ». Bonnet ne semble ‘point remarquer l’injustice d’une telle sanction qui prolonge encore les malheurs immérités de la vie présente, non point comme punition d’une mauvaise volonté, d’un démérite coupable, mais comme un simple moyen arbitraire d'amélioration morale, moyen qui, au fond, n’est admis par l’auteur qu’en l’absence de toute autre explication meilleure, et pour satisfaire aux exigences de son système général.

Il y a lieu de distinguer deux sortes de sanctions : une sanction de la vie présente et une de la vie future. À vrai dire, Bonnet ne formule pas lui-même cette distinction, mais il approuve en le citant par hasard, un passage d’un certain M. de Castillon à ce sujet : (18.158) (1). « La doctrine humaine est accompagnée de promesses et de menaces. Les récompenses et les peines ne sauraient être que des suites naturelles de mes actions et c’est à la Raison à juger de leur réalité. Mais la sanction d’une doctrine révélée peut dépendre de la libre volonté de Dieu, qui est l’auteur de tous les biens dont je jouis, et qui peut les augmenter à l'infini » (18.158).

Le rôle de ces deux sortes de sanctions est de se compléter : « Sur la Terre, la Vertu ne conduit pas toujours au bonheur, le vice au malheur. Mais l’immortalité de l'Homme, prolongeant à l'infini son existence, ce qu’il ne reçoit pas dans un temps, il le

(1) Passage d’une traduction d’un livre de Campbell sur les « Miracles ».

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tecevra dans un autre et l'Ordre reprendra ses droits. » (15.542).

Quant aux définitions, elles sont rares, nous trouvons des définitions sommaires de la sanction dès 1’ « Essai » de 1754 : dans les premières pages de l'Avertissement, (x7.1x) Bonnet, défendant le système fataliste, reconnaît que, même dans ce système subsiste une certaine sanction dont la réalité est inéluctable, qu’elle soit équitable ou non: « Lors même qu’on admettrait cette nécessité, la Vertu n’en serait pas moins, tôt ou tard, source de Bonheur, et le | Vice, source de Malheur ». |

Plus loin, dans un chapitre sur le « Bonheur » (17. 159), il définit plus nettement : « Tel est l’état des choses : l'observation de l'Ordre est source de bien ; son inobservation, source de mal... les effets naturels de l’observation ou de l’inobservation de l'Ordre sont ce qu’on nomme la Sanction ».

Bonnet souligne qu'ici, il part uniquement des constatations de l'expérience : « Tel est l’état des choses ». Dans la « Palingénésie » (16.189) il accentue encore ce détail en s’avouant contraint à faire cette constatation : « Je suis dans l’obligalion philosophique de reconnaître qu'il est une sanction naturelle des Lois de mon être, puisque j'éprouve un mal lorsque je les viole ». Dans un précédent chapitre, l'emploi du terme « assujetti » indique le même esprit dans cette phrase : « l'Homme est assujetti à ces lois par le Créateur ».

Plus exactement encore, c'est par une inférence consécutive à la constatation des faits que Bonnet reconnaît comme une loi, l’existence d’une sanction : « J’infère de mon expérience et des réflexions qu'elle me fait naître que je serai d'autant plus heureux... que jobserverai plus exactement et plus constamment les on de l'Ordre... » (18.236).

Il insiste très fréquemment sur le caractère naturel des sanctions : « La Béatitude n'est pas le prix de la vertu, écrivait Spinoza, c’est la vertu même » et Bonnet : « Les récompenses et les peines ne sauraient être que des suites naturelles de mes actes » (1).

(1) Pour énoncer cette loi, l’auteur semble avoir été particulièrement impressionné par les rapports entre l’intempérance et l’indigestion, qui constituent son exemple favori. En voici quelques exemples : « L'Homme prétendrait-il changer

les rapports établis entre son estomac et les aliments nécessaires à sa conservation ? » (16.113). « La sobriété conserve la santé ; l’intempérance la détruit »

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(18.158) (16.189) (17.xxvu) (18.326). Les récompenses et les peines futures elles-mêmes sont en un sens, des suites naturelles (15.339): « Les récompenses et les peines à venir seront le résultat naturel de l'Enchaînement de l'Etat futur de l'Homme avec son Etat passé ». (cf. aussi 17.176).

Le même esprit « positif » se manifeste donc lorsqu'il s’agit de déterminer en quoi consistent effectivement les sanctions. « Gette imputation (en réalité, il s’agit ici de la sanction) consiste essentiellement dans les suites naturelles de l’observation ou de l’inobservation des lois ». Sous quelles formes se réalisent-elles P « C’est à la Raison à juger de leur réalité » (18.158). N'est-ce pas là une théorie voisine de celle de Spinoza que Bonnet insulte ordinairement (16.121-17.157, etc...) sans sembler l'avoir lu P Bonnet ne spécifie rien au sujet de la sanction sociale en particulier, mais on peut déduire des considérations générales que nous venons de rapporter, une application de ce genre : « Le juge, écrit l’auteur de |’ « Ethique », qui non par haine ou par colère... mais par le seul amour du salut public condamne à mort, ce juge est conduit par la seule Raison ». (Liv. IV. Théor. 63, scholie) ...Par contre, il s’éloignerait ici d'Helvétius dont la doctrine est d'ordinaire étroitement semblable à la sienne : « Le juge qui condamne, écrit Helvétius, est müû par la passion de la vertu issue d’un orgueil éclairé » forme de l'intérêt personnel. la Raison est ici réduite à la Passion.

Disons enfin, que Bonnet distingue deux sortes de sanctions dans l'économine présente ; aux sanctions physiques s'ajoute, en effet, une sanction morale : (17.160) : « Le plaisir qui naît de la perfection fait le bonheur moral ; le déplaisir qui naît de l'imperfection fait le malheur moral : les remords en sont l'expression ».

Par ailleurs, les sanctions futures elles-mêmes ne seront pas seulement spirituelles comme on pourrait le croire, mais aussi corporelles ». (15.337).

(17.159). « L'’incorporation (de la nourriture) ne peut se faire qu’autant qu’il existe une certaine proportion entre la quantité de matière et la force des organes destinés à les travailler et à les incorporer. Je suis done averti de n’introduire chaque fois dans mon intérieur, qu’une certaine quantité de ces matières étrangères.… N'’ai-je pas éprouvé un assez grand nombre de fois, que je ne viole point impunément les Lois de la Tempérance ? » (18.330), etc.

La Sanction future

Logiquement, la sanction future supposerait un jugement express si elle était la suite d’actes méritoires et contingents. Cependant on ne distingue pas très nettement chez Bonnet, s’il y aura un tel jugement, inopportun à priori ; dans son système au fond, il semble que non et qu'il n’emploie ce terme que par habitude : « Dieu ne récompense point, il ne punit point, lit-on dans la « Palingénésie » (15.340), mais il à établi un ordre en conséquence duquel la vertu est source de bien, le vice source de mal ».

Cependant « nous serons jugés », dit-il expressément dans |” « Essai » (17.176) et dans la « Palingénésie » (16.525) il parle encore du « Jugement que le Souverain juge portera de nous... » et même il précise : Grâce à la survivance de la Mémoire (1) l'Homme conservera le souvenir de ses états passés à tel point qu'il pourra comparer le jugement qui sera porté de ses actions avec le souvenir qu'il aura conservé de ces actions » (15.337).

Cette idée semble empruntée à Leibniz (« Nouveaux Essais » Avant-propos, page 13) selon lequel « les âmes raisonnables conservent la personnalité et le souvenir dans la Cité de Dieu, pour être mieux susceptibles de récompenses et de châtiments ».

Cependant, Bonnet décrit ce jugement comme une simple contreépreuve, une constatation, une forralité de surcroît : « ce jugement consistera à traiter Chaque Homme relativement au degré de perfection et d’excellence qui se trouvera en lui ». En effet, nous sommes de simples déposilaires, selon îles termes de l’Ecriture (7.xxvu) : « Le système philosophique n’admet-il pas au sens le plus étroit que. chacun recevra selon ses œuvres ? » Le jugement aura son fondement « dans l'emploi que nous aurons su faire des facultés et des talents qui nous auront été confiés. À celui à qui il aura été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé et on donnera à celui qui aura ». (16.524).

Finalement, l’homme châtié en ce monde sans avoir péché et l’homme heureux sans efforts, sont châtiés ou récompensés encore

(1) Cette survivance, comme nous l’avons expliqué dans un précédent mémoire, est assurée par la localisation organique de la Mémoire dans un germe, actuellement contenu dans le cerveau et qui, impérissable, se développera après la mort.

en l’autre, à priori ; le jugement décide seulement d'une prolongation arbitraire de bonheur ou de châtiment. | Ce jugement est évidemment arbitraire. Cependant, les œuvres contiennent encore à ce sujet deux passages contradictoires. grâce à un jeu de mois :

« Les récompenses et les peines à venir ne seront donc pas arbitraires puisqu'elles seront le résultat naturel de l’enchaînement de l'état futur de l'Homme avec son état passé » lit-on dans la « Palingénésie » (15.339).

Par contre, dans les « OEuvres diverses » « la sanction d’une doctrine révélée peut dépendre de la libre volonté de Dieu » (18.158).

L'Enfer

Au dix-huitième siècle, l'enfer n’était point une conception désuète : le pouvoir civil brûlait certains livres pour préserver des tourments éternels les lecteurs éventuels.

De nos jours, cette conception serait encore digne d’être étudiée comme une « représentation collective », une « survivance » diraient les sociologues. L'enfer ne sera-t-il pas toujours le réceptacle où le vindicatif plongera son ennemi, le justicier, le coupable, le saint le pécheur, le peureux les individus dangereux, le timoré et le mystique, soi-même P Le directeur de conscience s'en sert comme d’un épouvantail.

Bonnet, ardent chrétien, mais membre de l'Eglise réformée, optimiste et ami du bonheur, que pense-t-il donc du dogme de l'enfer introduit officiellement dans les canons par Grégoire le Grand ? Sur ce point encore, ses opinions, sujettes aux fluctuations du sentiment, semblent indécises et parfois même contradictoires. « Il est des récompenses et des peines, il est un bonheur et un malheur à venir », lit-on dans l’Essai de 1754 (17.176). Mais quelle est leur nature ? physique ou morale ? limitée dans le temps ou éternelle ? vengeance et expiation ou guérison ?

D'après les essais inédits intitulés « Les peines de la vie à venir », l'enfer aurait une réalité physique et serait localisé dans l’espace « La sagesse, y écrit-il, a préféré un lieu et des moyens physiques qui opérèrent cette réforme... » Il justifie cette assertion en physiologiste : « le vice est une maladie de l'âme ; mais une maladie qui

üent autant au corps qu'à l’âme. Elle est donc susceptible de guérison par des moyens physiques. On ne va à l’âme que par le corps ». Or, le vrai siège de l’âme, nous l'avons dit, est dans un « cerveau éthéré » partie d’un corps minuscule, dont les fibres retiennent les déterminations acquises ici-bas, (grâce à sa correspondance avec le cerveau), bien plus fortement que ce cerveau grossier ne les retenait. Ainsi, s’il faut ajouter des maux futurs aux maux présents, c'est parce qu’ « il arrive rarement que dans l’état terrestre on parvienne, par les moyens physiques les mieux appropriés, à détruire des habitudes vicieuses enracinées.. et le vicieux périt dans le vice et l’impénitence ». |

Ainsi, l’enfer, second creuset de souffrance, loin d’être une cruauté, est un effet de la bonté divine (ô puissance de l’optimisme |) ; « Le grand Etre a préparé les remèdes les plus efficaces pour la guérison des âmes et ce sera sa bonté elle-même qui les administrera à ceux que sa sagesse aura choisis... (Bonnet se reconnaît incapable de spécifier ces peines). Elle a préparé dès la création les moyens physiques qui ramèneront pour toujours à l’ordre dans une autre vie ». À

Aucune doctrine ne l’obligeant à infliger à l’homme une troisième série de peines, il s’en tient là. Reconnaïssons sa libéralité ! Du reste, s’il admet un enfer physique réel, Bonnet, à l'instar d’Origène, n'admet point du moins l'éternité de ses peines. Dans un des manuscrits inédits («notice de l'encyclopédie de Paris ») il blâme expressément l'abbé Mallet soutenant l'éternité des peines à venir. De plus, il approuve l’article « excellent » de l'encyclopédie dYverdun sur la Bonté (manuscrit. cote primitive 35.10, n° 112).

Dans les œuvres complètes enfin, après un chapitre consacré à démontrer que l’homme est étroitement déterminé, il conclue en ces termes : « Approfondissez cette théorie et essayez si vous le pouvez, de la concilier avec une Eternité malheureuse ». (27-88 Cette échappée est une sorte de cri du cœur, car elle n’a point d’à-propos spécial et ne se rattache point au sujet indiqué par le titre du chapitre. Aïnsi le mal reste « provisoire » ce qui atténue un peu les rigueurs de l’imputabilité. Bonnet allège sa doctrine du poids de l’éternité infernale qui froissait son optimisme et son goût du bonheur,

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Enfin, d’après d’autres passages, l’enfer ne serait qu'une image, un symbole, un moyen psychologique de diriger les hommes au bien : symbole maladroit au fond et qu'il n’accepte semble-t-il que parce que la religion l’a consacré ; dans un chapitre de pédagogie, il déplore en effet l’usage des mythes relatifs à Satan : « Je souhaiterais ardemment, écrit-il, que toute cette doctrine des démons eût été reléguée pour toujours dans la Philosophie orientale. » (17.222).

Dès son premier ouvrage, il s'exprime ainsi : « la religion parle de récompenses et de peines à venir... ces termes puisés dans le langage des Hommes et pour des hommes, expriment figurément l’ordre établi... », (19.240) et un peu plus loin (242) : « l'amour du bonheur est le ressort qui meut les hommes... La religion en leur annonçant des récompenses et des peines, fait-elle autre chose que tendre davantage ce ressort ? »

Dans la « Palingénésie » (16.397), il explique comment a pu naître, selon lui, cette représentation de l’enfer et quel est son but pratique. Il s’agissait d’ « influer sur les Hommes de tout Ordre » en leur peignant « des couleurs les plus effrayantes, le malheur futur » en employant des comparaisons concrètes : « des pleurs, des grincements de dents, des ténèbres, un ver rongeant, un feu dévorant.… » Ce n’est donc là qu’un épouvantail pour les seuls « hommes sensuels » (398) et les « âmes de faible trempe » (17.XXVW).

De même, approfondissant la psychologie des menaces, il s’explique que la religion chrétienne ait représenté ces peines comme « éternelles », parce que cela était « fort dans l’esprit de la chose » (16.398). En effet, «il arrive tous les jours que les Hommes s’exposent volontairement pour un plaisir d’un moment, à des années de misère et de douleur »

Ne croirait-on pas lire ici un passage de l’Ethique de Spinoza ? Mais Spinoza, lorsqu'il voit dans les peines des religions, des motifs d'action plus puissants que tous autres, a conscience qu'il abolit liberté et morale, tandis que Bonnet, s’illusionnant lui-même, croit les conserver intactes |!

Enfin, tout en excusant l'exposition théologique utilitaire de l'enfer, il souhaite que le christianisme, « doctrine de vie », tempère l'horreur de ces imaginations en exaltant par contre et en même temps « les compassions du Père commun des Hommes, et en permettant d’entrevoir sur le bord de l’Abîme une main bienfaisante

qui... » la phrase est arrêtée par l'émotion, des points de suspension la terminent.

Dans l’ensemble, Bonnet, tout en essayant de ne point contredire : les dogmes qu'il révère, se montre donc modéré,

Désormais, sous avons assez exposé des thèses de l’auteur pour légitimer notre titre : « une morale sans obligation ni sanction ». I! essaie d'établir l’existence d’une obligation « en un certain sens » nous l'avons dit, et parce qu'il faut une obligation dans notre intérêt, pour être heureux.

Quant à la sanction, « Dieu ne récompense point, il ne punit point à parler métaphysiquement » (17.240), dont point de sanction future à proprement parler. |

Par ailleurs, nous constatons ici-bas l'existence de divers ennuis consécutifs à certains actes ; parce que nous n’avons aucune puissance à opposer à celle du fait accompli, nous devons l’accepter ; ces ennuis ne constituent donc point une sanction au sens courant, méritée, imposée et proportionnée à l'intention de l’auteur. Lemoine le fait observer : « Bonnet ne conserve guère que les mots de libre arbitre, de bien et de morale, tant en détruisant les choses » (165).

Chez Bonnet comme chez Guyau, bien que très différemment, il n'y a ni obligation ni sanction au sens ordinaire : elles ne subsistent chez le premier que grâce à un jeu de mot mesquin.

En résumé cette attitude résulte bien du caractère de l’auteur tel que nous l’avons exposé et confirme l’analyse que nous en avons faite ; l'attitude constante de Bonnet comporte trois phrases constatation d’un fait accompli ; approbation du fait à la suite de ce raisonnement : la révolte ou la critique n’avance à rien ; essai de légitimation artificielle, dialectique, de ce fait, conformément à. l’optimisme.

Ainsi, il constate un fait : l'existence dans la société des hommes, d’une notion de responsabilité et de sanction qui est injuste, vu la détermination morale. Il l’approuve cependant parce qu'elle existe et qu'il la juge nécessaire en fait. Il essaie alors de la légitimer tant bien que mal, mais ne réussit qu’à la compromettre par sa maladresse, à nous la rendre odieuse par les mensonges de sa dialectique. Guyau plus sincère et plus logique, abandonnera énergique-

ment ces notions de responsabilité et de sanction ; plus noble aussi, il essayera de leur substituer quelque chose de nouveau.

Au fond n'estce pas la routine qui triomphe avec Bonnet de nos jours encore, malgré deux siècles de progrès ?

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