CHAPITRE II LA VERTU
da vertu est dans la vie la chose capitale, mais encore en fonction du bonheur. « Nous sommes surtout appelés à être vertueux, parce qu'il n’est point de bonheur solide sans la vertu. » (16.61).
On la définit ordinairement : le mérite habituel, et notre auteur lui donne lé même sens : l'habitude de se conformer aux maximes morales, expression des rapports de l'Homme avec les autres êtres, écrit-il dans les « Principes philosophiques » (17.267) rend l'âme vertueuse. Il précise dans l’ « Essai (17.177) : « la vertu ne consiste pas dans un trait, elle se forme de l’assemblage d’une multitude de traits, dont la variété, la beauté et l’accord composent une vie ». Enfin, la vertu est une habitude, répète-t-il dans la « Palingénésie » ((16.526) elle est l'habitude au bien. Elle s’accroit par de nouveaux efforts et des actes réitérés, fréquents.
D'après ces passages, la vertu ne serait pas uniquement un don mais le fruit d’un effort volontaire méritoire : un paragraphe de J’: « Essai Analytique » le confirme (13.136) : « Certains auteurs, écrit Bonnet ont rendu la Liberté indépendante de la Volonté ou des motifs et ont détruit ainsi le fondement de la Vertu », ce qui revient à dire que, pour qu'elle ait un fondement, la vertu doit dépendre de la Volonté.
Cependant, il la représente ailleurs comme dénuée de mérite : elle ne dépend que « des circonstances extérieures, d’un don de Dieu, de la Grâce » (17.xxvin). Nous l’avons dit, « elle n’est qu'heureuse et elle l’est nécessairement », ce qui est plus conforme à l’ensemble du système déterministe.
En effet, « la Vertu se façonne dans la matrice, comme l'œil l’oreille, la main. On naît tempérant, humain, courageux, comme on naît musicien, dessinateur, poète ». (17.196). « La Vertu est un