‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 106 sur 126 · INDUSTRIE DES FOURMIS · texte numérisé non relu

INDUSTRIE DES FOURMIS

Si les fourmis ne possèdent pas le besoin de faire des amas de proYisions^ elles ont en compensation un merveillew^ instinct pour le soin de leur progéniture, et leurs œufs sont pour elles l'objet d'une continuelle sollicitude; elles savent les placer toujours dans un milieu convenable, et leur choisir la température nécessaire pour leur éclosion en temps favorable; c'est ce qui fait que nous les voyons transporter de côté et d'autre les petits cocons pour les exposer dans les endroits favorables. Elles ont soin de chercher pour eux une température constamment modérée; tantôt elles les font sortir de leurs demeures souterraines, tantôt elles les font rentrer si le temps vient à changer; elles nourrissent leurs petits à la manière des guêpes en leur dégorgeant les aliments qu'elles ont déjà préparés en les digérant en partie. Les fourmis ont d'ailleurs une alimentatioa variée et c'est ce qui fait que nous les voyons s'attaquer à nos provisions de tout genre; elles sont à la fois carnivores et frugivores, elles ont l'sirt de disséquer avec la plus grande précision, à l'aide des puissantes mandibules dont leur tête est armée, les cadavres des petits animaux qu'elles tuent ou qu'elles rencontrent sur leur chemin ; elles le font avec tant d'habileté qu'après cette opération elles n'en laissent plus subsister que les parties tendinjeuses et osseuses. Lyonnet, naturaliste éminent et excellent observateur, a rapporté des particularités très-intéressantes sur les fourmis des Indes orientales. Suivant sa relation, ces insectes, au lieu de se frayer une route, comme le font les animaux des espèces ordinaires, vers les ol^ts qu'elles veulent atteindre, ont la singulière habi* tude d'éviter avant tout d'être vues, et par cela elles percent les matières les phis voisines des objets pour s'y cacher ; mais si ces matières sont trop dures, elles forment alors une voûte en chemmant sur les parois les plus voisines et se recouvrant d'une enveloppe solide qui durcit complètement à

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l'air eîtéfieur. Dans leur traTàil , ces fourmis suivent un ordre véritablement admirable. Deut d'entre elles, choisies parmi les plus grandes et les plus fortes, marchent à là tête des autres, comme pour diriger l'entreprise, puis derrière celies-cî, suivent deux files d'autres fourmis, l'une d'elles porte de la terre et la place contre le bord de la voûte, l'autre la détrempe avec de l'eau, puis toutes deux la pé* trissent et l'attachent au bord de la voûte commencée. L'une et l'autre se retirent ensuite et vont chercher ailleurs d'autres matériaux en faisant placé à Touvrière suivante qui exécute la même manœuvre pour continuer la voûte, ou le tuyau commencé, de sorte qu'une quantité considérable de fourmis peuvent travailler avec une grande rapidité et à la fois dans un espace très-resserré sans se gêner en aucune manière, et peuvent ainsi avancer l'ouvrage avec une vitesse surprenante*.

De tels faits sont merveilleux» mais attestés par des observateurs consciencieux, ils sont cependant à l'abri du doute et prouvent un degré supérieur de raisonnement dans les animaux.

ties abeilles ne nous étonneront pas moins; avant d'y arriver, nous pouvons nous arrêter un instant sur les frelons et les guêpes, quoique celles-ci soient sans doute moins attachantes que les industrieux insectes chantés par le r^ des poètes latins. Cependant elles méritent aussi d'être considérées, car elles forment une grande famille qui ont toutes leur genre de construction particulier; les unes sont d'habiles maçons qui font des habitations solides, les autres de savantes nnneuses qui m^eusent des soutèi^ rains parfaitement distribués et où elles se dérobent à nos regAFds. Il y a aussi l'espèce des guêpes eartonnièree*

I Ctmiémpltttion, Xl« partie, oh. txiit. Voy. ki nol6<

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CMIei-ci trayaillent au moyen de petits fragments de bois qu'elles façonnent et possèdent Tart d'en construire des ruches composées d'une matière dure et solide qui prend Ift forme d'une cloche et dans laquelle elles bâtissent des cellules hexagones comme celles des abeilles. Leur travail est dans son genre aussi parfait que le leuf^

Les abeilles proprement dites ont, comme on le pense bien, ufie place étendue dans la Contemplation de la nature, et l'on est loin d'avoir tout dit sur leur compte, car un^ foule d'observations récentes a servi à compléter leur histoire en rectifiant des faits mal vus ou en complétant ceux qae l'on possédait déjà. Aussi Bonnet ne fait-il qu'un tableau abrégé de l'organisation de leur république et de la nature de leurs travaux, pour s'attacher davantage à rectifier les erreurs commises par la foule de leurs historiens et à mieux préciser les travaux de ses devanciers; les faits qu'il rapporte sont en graùde partie empruntés à RéauiHUr, à ManiUii> à Swammerdam^ ou à des agriculteurs ou cultivateurs contemporains, tels que Schœffer etSchirach. Parmi les faits souvent cités et qu'il rapporte comme inexacts, nous indiquerons le prétendu massacre dés mâles si souvent décrit avec des circonstances si dramatiques.

On voit dans beaucoup d'ouvrages sur les abeilles que tous las mâles de la ruche sont exterminés par les ouvrières lorsque l'époque de la reproduction est passée et qu'ils démirent ainsi inutiles à la petite république. Alors, diton, les abeilles ouvrières se précipitent en masse sur les mâles ou fàux-bourdons et les tuent sans pitié à coups d'aigoîllon. Les choses, suivant Bonnet, ne se passent pas ainsi; nous rapportons son opinion en propres termes, parce qu'elle contrarie directement la plupart des récHs que nous avons

' Contemplation, XI' partie, ch. xxiii et xxt,

lus même dans les ouvrages les plus récents^ et aussi puce qu'elle paraît beaucoup plus vraisemblable, a Je puis aftirmer, dit-il, qu'ayant examiné avec la plus grande attention les cadavres des mâles qui avaient été ainsi sacrifiés, je n'ai' pu y découvrir le moindre indice de blessure; ils étaient tous bien entiers; j'ai vu aussi bien des fois deux à trois neutres qui montaient sur le -corps d'un mâle , semblaient vouloir Texterminer et qui néanmoins ne lui faisaient a^ucun mal. 11 ne paraissait même pas s'en mettre en peine et ne laissait pas de marcher d'un pas tranquille sur les gâteaux en entraînant avec lui ces neutres incommodes. Quelquefois même on aurait pu présumer à la manière dont ceux-ci s'y prenaient, que c'étaient plutôt des caresses que des violences qu'ils faisaient aux mâles. Cependant j'observais que tous les mâles étaient chassés peu à peu de dessus les gâteaux et réduits à se retirer dans un coin de la ruche où ils mouraient de faim ^ »

Malgré la grave autorité de Bonnet en pareille matière^ ce fait important nous semble demander encore à être vertlié par les naturalistes de nos jours; tout le monde n'est pas d'accord là-dessus, plusieurs ouvrages modernes, entre autres le Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle, dans un ar* ticle de M. Henri Guillaume, dit encore que les mâles sont exterminés à coups d'aiguillon; il nous parait, à nous, plus naturel que les mâles soient abandonnés à eux-mêmes quand ils n'ont plus aucun service à rendre à la communauté que de supposer cette scène de massacre, plus tragique sans doute, mais qui explique les choses d'une manière moins naturelle , d'autant plus que le fait des cadanrres sans blessures observés par Bonnet nous paraît tout à fait concluant.

Nous trouvons également dans cette partie de la Ck)ntem-

' Coniemplaiioiit XI« parUc, ch'i^. xxvi.

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plation de remarquables enseignements sur les travaux du naturaliste agronome Schirach, sur la naissance et les mœurs de la reine-abeille j de l'Anglais Debraw^ sur sa fécondation et sa ponte^ et sur la fotme des alvéoles sur lesquels le génie des mathématiciens s'est plus d'une fois exercé; on a remarqué, non sans raison , l'art infini avec lequel ces insectes, sans compas , sans chiffres, sans règle^ sans instrument d'aucune sorte, ont résolu le problème suivant : former des cellules de façon à fournir le plus grand espace possible intérieurement, avec la plus petite quantité de matière possible et sans perdre de terrain danâ les intervalles des cellules. De savants mathématiciens ont aussi voulu exercer leur génie sur ce difficile problème, et ils ont obtenu pour résultat que la science ne fournissait aucune solution supérieure à celle que donnaient les abeilles elles-mêmes. On sait que non-seulement les cellules sont de forme hexagone, mais le fond de ces cellules est formé par trois losanges égaux et semblables, qui forment une pyramide renversée. Maraldi, qui avait mesuré ces angles avec précision, avait trouvé que les grands angles étaient de cent neuf degrés vingt-huit minutes, et les petits de soixante-dix degrés trentedeux minutes. Évidemment cette combinaison n'a pas été employée sans raison par l'admirable instinct des abeilles, et cette raison est, suivant Réaumur , que c'est le meilleur moyen d'arriver à la plus grande économie possible de la cire. Réaumur, pour s'en assurer, proposa donc au mathématicien Kœnig, qui ne savait rien de ces observations , de déterminer, par le calcul, quels devaient être les angles d'une cellule hexagone, à fond pyramidal, pour qu'il entrât le moins de matière possible dans sa construction. Kœnig se servit des méthodes les plus sûres, et trouva que les cellules construites d'après de semblables intentions devaient être construites en hexagone à fond pyramidal, et que leurs

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grands angle9 devaient avoir une inclinaisoii de eeat natif degrés vipgt-six minutes^ eQies petits celle de soixante-quatre degrés trente*quatre minutes; il démontra > de plus» qu'en préférant le fond pyramidal au fond plat» c'était faire une économie sur la cire qu'il faudrait employer en plus grande quantité pour construire un fond aplati. Makran a confirmé ce curieux rés^ltat9 et comme les autres mathématiciens qui se sont exercés sur ce problème, il avoue que, bien que les substances pressées les unes contre les autres prennent na* turellement la forme hexagonale, l'instinct seul est insafli* sant pour achever de semblables ouvrages qui étonnent les savants eux-mêmes , et cela avec des instruments de la phis parfaite simplicité et sans que jamais la moindre erreur soit commise î il faut donc nécessairement qu'à l'iiistinct nalurel soit joint un raisonnement extrêmement compliqué, et une industrie très-savante, qui font de ce9. insectes des ammaui d'un ordre réellement supérieur <«

Les castors sont peut-être plus admirables ^M)ore; noyé avons été tous impressionnés dans notre enfance par les lee* tures que nous avons faites sur ce sujet, et qui se trouvent dans tous les ouvrages d'éducation, Bonn^^ reproduit tne quelques détails de plus, le tableau achevé qu'en a donné Buffon dans son immortel ouvrage. Nous n'aurons donc pu à y revenir; nous aurons seulement à faire observer avee lui que ces ingénieux animaux ne font leurs étonnantes constructions que lorsque la tranquillité des lieux où ils vivent leur permet de jouir d'une profonde paix; aussitôt que l'homme envahit leur demeure et les chasse, ila fuient» se dispersent, et semblent perdre avec l'instinct qui les réni* nissait, la facilité de travailler. Il semblerait ici que la n%» ture, en les soumettant à l'obligation de vivre en société*

' Coniemplaiion, Xl« ps^Ue, chq^« xxvui?

DIVERS INSECTES RENAnQUABLES. 275

leur impose aussi celle de sgbyeuir aux besoips de leur république, et que leur intelligence, ou du moins l'emploi qu'ils en font, se dirige d'après la nécessité de s'entr'aider. Seuls, les castors deviennent de simples rongeurs, comme les rats, les écureuils^ ils vivent isolés et ne produisent rien dq remarquable.

Les chenilles ont déjà été décrites dans la Contemplation de la nature, mais Bonnet prend encore plaisir à y revenir pour raconter leuri procédés dans l'art de filer la soie qui forme Içur coque, la manière de s'y envelopper pour subir IjQur métamerphosej^et de se placer dans les conditions les plus favorables pour se dérober aux regards. Dans cette galerie de tous les arts industriels, de tous les ordres d'êtres créés par la nature, l'imagination la plus féconde ne parviendrait jamais à rivaliser avec l'adresse de procédés, et les ruses familiers aux plus humbles insectes. Ainsi, l'araignée se file une toile d'une finesse presque imperceptible et qui souvent échappe à nos regards;; elle sait envelopper son ennemi au moment où il s'y attend le moins, et en fait sa proie; les teignes de nos apparte^onents qui dévorent nos habits, et que Qous combattons par les moyens les plus éner- ^ques^^e sont pas seulement conduites par un vague in^ stinct de destruction. Elles n'attaquent nos habits que pour s'en faire à elles-mêmes. Des débris de nos vêtements qu'elles percent, elle se confectionnent d'excellents manteaux qui leur servent d'enveloppe , et avçc lesquels elles se défendent contre le? rigueurs du froid.

Nous avons souvent rencontré dans la campagne des bulles d'écume qui semblent fixées auprès d'une tige d'herbe ou de plante. Cette bulle sert d'habitation à un insecte plus singulier que les précédents; il vit au milieu de ces bulles qu'il a amassées autour de lui et qui ressemblent à celles du savon. Il a six pattes, sa peau est de couleur

jaunfttre et parait molle et assez délicate; il pompe à Taide de sa trompe le suc d'une multitude de plantes , et ^ le rejetant ensuite par Feitrémité de son corps , forme autoar de lui cette écume qui l'enveloppe. Ce petit animal a été étudié par Poupart et de Geer, en 1737. Bonnet l'a également vu et décrit en 1740. On appelle vulgairement cette bulle écume printanière K

Cet insecte remarquable n'est autre chose qu'une nym-* phe de cigale avant sa transformation en insecte parfait. Tant que ces nymphes sont encore jeunes et ont besoin de protection, elles vivent ensemble ad milieu de cette écume, et semblent travailler en commun à l'augmenter; mais quand elles ont pris un certain accroissement, elles se dispersent et l'on n'en trouve plusalor$ qu'une seule» rarement deux dans chaque bulle d'écume. Cette nymphe subit dans le temps convenable sa transformation en insecte parfait, et ce changement a lieu dans le milieu de la bulle même; mais ce qui est surprenant» c'est que l'animal ne touche pas à la bulle et s'en isole complètement. Il en forme une petite voûte qui le recouvre sans le toucher et au-dessous de laquelle s'opère la métamorphose qui le transforme en insecte complet; il perce ensuite la bulle et s'échappe au milieu des champs pour commencer un nouveau genre de vie. Enfm, voici une araignée qui, au lieu de se faire un logement d'eau au milieu de l'air, fait précisé^ ment le contraire et se construit un logement d'air au milieu de l'eau. Cette araignée rapporte du dehors des bulles d'air qui demeurent fixées sur son corps par le contact^ elle les réunit au fond de l'eau pour s'en faire unederaeure^ au milieu de laquelle elle habite comme dans une petite cellule de cristal «.

* ContemphOon, Xll« partie, chap. xiii.

' tbid,, chap. xiv.

ANIMAUX INFÉRIEURS, COÛUILLAGES. 277

Mais quoique les insectes soient les plus merveilleux des êtres créés, à cause de leur petitesse comparative, et qu'à ce titre ils aient le droit de nous intéresser cependant, d'autres animaux condamnés à Finfériorité, du moins en apparence, n'en sont pas moins pourvus de tout ce qui constitue la défense, les moyens de se nourrir et de se créer des habitations dans le milieu où ils vivent. La moule de rivière n'est qu'un morceau de chair informe dans une coquille sans valeur. Cette coquille s'ouvre et se ferme comme une porte et obéit à la volonté de l'animal. Mais outre cette faculté , celui-ci n'est pas, comme on pourrait le croire, condamné à une immobilité absolue. Cest déjà beaucoup que de fermer sa demeure à l'ennemi qu'il redoute, mais il peut aussi, quoique avec peine, se transporter où il veut pour prendre sa nourriture. Pour cela il entr'ouvre sa coquille, puis en fait sortir une espèce d'appendice, de pied, ou de trompe charnue. Avec cet instrument, il laboure le sable et y creuse un silfon assez profond pour qu'après avoir placé sa coquille sur le tranchant et l'avoir habilement dirigée, elle y vienne tomber. Il porte alors sa trompe en avant, l'allonge le plus qu'il peut, en cramponne l'extrémité dans le sable, et à l'aide de ce point d'appui tire à lui la coquille qui suit le mouvement. La trompe fait ici Toffice de main et de pied, et l'animal en apparence immobile peut avec ce seul instrument jouir de la faculté de se transporter d'un endroit à un autre *. La telline, espèce de coquillage de mer, peut non-seulement marcher, mais même sauter, sa trompe, qui s'allonge plus que celle de la moule de rivière, produit un mouvement assez brusque pour que* l'animal puisse franchir un certain espace d'un seul coup *.

* Contemplation, Xlh partie, ch. xvii.

• Ibid,, ch. XIX.

178 CHAPITRE TREIZIÉHB.

Les dails ou pholades sont de petits coquillage^ preaque imperceptibles à Tœil et qui ^ malgré leur faiblesse apparente, savent percer la pierre et s'y faire une demeure; si Ton approche sur le bord de la mer d'un banc de terre glaise, on la verra souvent percée d'une multitude de petits trous. Tous ces trous sont habités par de jeunes dails qui ont seulement quelques lignes de longueur; dans les com« rocncements, ils n'ont eu à percer qu'une simple argile offrant une faible résistance, mais avec le temps la mer convertit cette argile en pierre, le dail qui se trouvait prinaiti-» vement logé dans une substance molle se trouve par Uk suite habiter une pierre très-dure. Le mouvement progressif de ces coquillages est sans doute un des plus lents qu'il j ait dans la nature, car il suit la proportion de leur accroissement; à mesure qu'ils croissent, ils s'enfoncent davan-? tage ; ainsi pour eux la mesure de l'accroissement est celle du mouvement progressif. Voilà pourquoi leur cellule présente l'aspect d'un entonnoir renversé ; en effets le trou qui lui a servi à entrer a toujours été en s'élargissant, i mesure que leur corps est devenu >lus considérable*.

Les zoophytes ne sont pas plus |()rivés que les autres animaux des moyens les plus variés pour pourvoir à leurs besoins et sa défendre contre leurs ennemis. On appelle ainsi des animaux d'un aspect souvent informe, tantôt sans figure régulière, tantôt d'une forme ronde ou étoilée, quelquefois semblable à une fleur ou à une gelée et qui ne parait au premier abord posséder aucun des organes essentiels à la vie. Celui qu'on appelle ortie de mer habite sur les rochers qui bordent l'Océan ; c'est une masse charnue de la grosseur d'une orange et dont le fond imite assez celui d'une bourse de jetons, en manière de cône tronqué. Le corps de l'animal

* Contemplation, XII» parUe, ch. xx.

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