‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 11 sur 126 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

ayaient cherché ailleurs les causes des phénomènes physiologiques qu'ils expliquèrent par rirritabilité et conséquemment par la contraction des fibres musculaires. Albert de Haller reprit dans sa physiologie et continua les travaux sur le principe vital; nous en reparlerons à propos des contemporains de Charles Bonnet.

Mais, avant d'arriver au sujet principal de cette biographie, il importe de se rendre compte du progrès des autres branches de la science de l'homme avant le dix-septième siècle.

La médecine, à la fin du dix-septième siècle, s'enrichit d'une suite d'observations qui avaient pour point de départ l'étude des mathématiques appliquéesà la science de l'honune. De même que les partisans de Stahl cherchaient à expliquer les phénomènes de la nature vivante par la chimie et ne voyaient dans les fonctions animales que composition et décomposition , d'autres médecins allèrent puiser leurs explications dans la science du calcul ; ils entreprirent d'appliquer les principes de la mécanique aux mouvements du corps, et voulant apprécier mathématiquement les forces qui président à nos divers actes, ils imaginèrent que tous les phéûomènes dépendaient uniquement de l'exercice de ces forces. Dans ce nombre, il faut ranger Borelli, élève de Galilée, mort en 1679, auteur d'un traité sur le Mouvement des animaux, Jurin, médecin anglais (1680-1750), fit des travaux importants pour apprécier et mesurer la force du cœur et la vitesse du sang. Baglivi , professeur à Rome , mort en 1706, écrivit un traité sur l'action des solides dans les phénomènes vitaux. Tous ces physiologistes furent éclipsés par un homme bien plus célèbre, d'un esprit bien plus Tasle et qui s'attacha moins à créer un système qu'à l'avancement de la médecine en général : ce fut Boerhaave (1668i738). Ce grand observateur fut à la fois médecin, botaniste

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et chimiste, et professa avec éclat sur quatre branches de la médecine. Il slllustra non moins par la richesse de ses observations que par l'éloquence avec laquelle il sut les présenter dans les cours publics,, et tel était le mérite de ses ouvrages que, non-seulement ils furent traduits duns les principales langues de l'Europe , mais ils le furent encore en arabe. Son traité principal est intitulé : Instituiiones rei medicœ. Parmi ses élèves, dont plusieurs devinrent des hommes remarquables, il faut compter Albert de Haller, qui fut l'ami de Charles Bonnet.

L'histoire naturelle et la zoologie, ou connaissance des animaux, longtemps négligée dans le moyen âge, reparurent avec l'impulsion donnée aux sciences lors de la renaissance des lettres. Au moyen âge, on se contenta de traduire, de commenter et d'étudier ce que nous avait laissé Aristote, et Ton y puisa la base de quelques traités nouveaux qui furent à peu près sans influence sur le développement des esprits. On dut la véritable restauration de la science de la nature à deux naturalistes illustres. Le premier fut Conrad Gessner, né à Zurich en 1516, et qui, par son génie, mérita aux yeux de la postérité la gloire d'avoir créé la zoologie moderne. Doué d'une intelligence supérieure, d'une immense mémoire et d'une grande activité , il se signala à la fois dans la littérature et dans la science. Médecin et voyageur, il consacra toute sa vie à réunir un nombre considérable de matériaux utiles à la connaissance de la nature, et créa, quoique presque sans fortune, le premier cabinet d'histoire naturelle connu qui servit de point de départ à tous les autres. Outre un assez grand nombre d'autres ouvrages utiles, il laissa une grande histoire des animaux en trois volumes in-folio, Zurich, 1551-1387. Dans ce traité, où les animaux sont rangés suivant l'ordre alphabétique de leurs noms latiaS; (gessner donna les plus grands détails sur leurs déno-*

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