‹ Charles Bonnet, philosophe et naturalisteChapitre 117 sur 126 · PARTIES COUPÉES DANS LES ANIMAUX · texte numérisé non relu

PARTIES COUPÉES DANS LES ANIMAUX

ces dans ce qu'elles pouraient avoir d'imparfait et leur fit part de ses propres remarques toutes dirigées vers Tétude de quelque fcmction ou quelque fait particulier de la ?ie des abeilles.

On trouve^ parmi les mémoires dont nous Tenons de parïer, une longue lettre à M. Riem dans laquelle il lui c(»nmunique plusieurs particularités propres a rectifier les jugements de celui-ci. Elles consistent principalement en détails sur la pcmte des oeufs, la forme des cellules, la {Nréparation, la nature et la récolte de la cire^ et de cette cire partiAilière destinée aux constructions et appelée prppojtj. (Siarles Bcmnet apiNrécie à leur juste valeur les vues de M. Riem^ et exprime ailleurs des doutes sur quelques points.

U joignit au dnquième mémoire un recueil précieux d'observations sur divers sujets qui avaient échappé jusqu'alors à Tattmition des naturalistes, par exemple sur la construction des gâteaux de miel, sur l'emploi de la cire et le prétendu massacre des faux bourdons qu'il examina avec plus de précision, et qu'il réduit à sa juste valeur. 11 avait fait faire des ruches en verre où il suivait avec la plus scrupuleuse attention les travaux des abeilles'.

Un autre mémoire contient des remarques sur la cause de la coloration des corps par la lumière. Bonnet explique ce phénomène par les idées contenues dans l'optique de liewton «.

A^ cette époque plusieurs savants naturaliste s'étaient occupés de chercher comment il arrive que les parties coupées parvenaient à se reproduire dans les animaux d'un ordre inférieur tels que les limaçons, les salamandres, certains vers aquatiques ou terrestres, etc. On avait déjà été

* Tome V des Œuvres complètes.

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frappé des découvertes de Trembiey & l'égard des polypes qui, divisés en plusieuM tronçons, se régénèrent avec la plus grande facilité. On avait vu aussi que certains v^s d'eau douce, les nais, par exemple, appelées par Bonnet naïades, se reproduisent- en parties et avec un peu plus de temps.

Spalianzani avait fait plusieurs expériences sur ce sujet et il était arrivé que les têtes des limaçons coupées s^étaieit reproduites au bout d'un certain temps. Bonnet voulnt examiner à fond ce phénomène et il y mit d'autant plus d'intérêt qu'il en rattachait la cause à son systènse des germes préexistants. Car, dans cette hypothèse, les parties coupées ne se seraient reproduites que parce qu'elles exis^ talent en très-petit, de manière à pouvoir paraître au jour dès qu'il se présenteradt une occasion favorable à leur naissance, il voulut décider la question demeurée eneore indécise, car, si d'une part Spalianzani avait aflirmé le fait de la régénération des parties coupées, d'autre part, Adanson, Valmont - Bomare prétendaient n'avoir jamais pu réussir, et que ce mauvais succès provenait de l'impossibilité où se trouvaient les forbes de la nature de reformer les parties détruites dans les animaux sur lesquels on faisait l'expérience. Bonnet ayant recommencé 4à-dessus ses tentatives avec plus d'art et d'habileté que ses confrères, parvint au résultfit proposé sans la moindre difficulté ; il établit que la tête entière des limaçons se reproduisait quand elle avait été coupée et prouva que la difficulté seule de l'opération, et non pas l'absence de force de la nature, avait été la cause du mauvais succès des auteurs de l'expérience.

On sera peut*étre satisfait de savob ce que les nafturalntes modernes ont pensé de tentatives aussi biiarres en apparence et que l'on serait tenté de reléguer au nombre des fables; mais des travaux récents et vérifiés avec le plus grand

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mû ont établi que le fait rapporté précédemment est parfdteineiitvreii. Bory Saînt-Vinceût rapporte, dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle , que Georges Tarenne recommença ces expériences et les publia dans un traité sur les mollusques à coquilles qu'il fit paraître en 1808. Ces observations confirment celles de Spallanzani et de Bonnet, et sont même plus concluantes en ce que la partie retranebée était plus considérable et mieux connue dans son anatoinie. Taremie, après avoir insisté d'une manière particulière wr rindioation des circonstances favorables où il fallait plaeer les bélices ou limaçons privés de leur tête, circonstances qui doivent favoriser la nutrition de l'animal (ce que Spatlansani et Bonnet ne disent pas quoiqu'ils aient obtenu des résultats analogues), Tarenne, disons-nous, indique de quelle manière il pratiquait l'incision de la tête , armé d'une paire de .ciseaux bien tranchants et non pas d'un mauvais couteau comme le faisaient Bomare et Spallanlani. H enlevait d'un seul coup les quatre tentacules, la partie qui contient la bouche et la mâchoire. Puis il plaçait les deux cents limaçons sur lesquels il avait opéré dans un lieu ombragé, et au midi , au fond d'un jardin. Tous ceux qu'il retrouva à la fin de la saison possédaient une nouvelle tête de la grosseur d'un grain de café; Tannée suivante il les vit avec la tête entièrement reproduite et aussi grosse que la prenûère; on apercevait la place où la première tête avait été coupée, marquée par une ligne formant une légère dépreiaîon. Ces expériences encore plus remarquables que celles de Bonnet, parce qu'il y avait une plus grande masse de parties enlevées, établissent, i n'en pas douter, que la tête des limaçons jouit de l'étonnante propriété de se régénéra tout entière et dans toutes ses parties. Cependant le savant Blaioville expose encore quelques doutes à cet égards avcmant qu'il ne peut parvenir à concevoh*, encore

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moins à expliquer un fait aussi meireiUeux. GonTeno^, œpendaût^ que tous les jouFs nous sommes encore entourés de faits non moins extraordinaires et que la sdence est kwi d'avoir expliqués.

Bonnet ayant remarqué que d'autres animaux avaient aussi la propriété de reproduire les parties coupées, fit plusieurs expériences analogues sur les salamandres aquatiques^ espèce de lézard qui habite les foitfaines, il lit que lorsqu'on coupait une main^ c'est-à-dire une patte antérieure^ à cet animal, la partie coupée renaissait au bout d'un certain temps. Il put alors yérilier l'observation de Spallanzani qui avait très-b^ien vu que la nature ne reproduisait jamais que ce qui était retranché^ ni plus ni moins. Ainsi, une main de salamandre ayant été coupée longitudinaiement^ la nature reproduisait. exactement ce qui avait été enlevé et le reproduisait de la manière qui convenait le mieux aux fonctions naturelles de Tanimal. Une partie de ces mêmes mains ou pieds ayant été coupée une seconde fois^ se reproduisit également de nouveau et offrit le complément de ce qui avait été enlevé. Bonnet fit une expérience analogue sur l'œil; il enleva Tceil d'une salamandre et le vit quelque temps après complètement remplacé par un autre. 11 s'excuse^ dans le mémoire qu'il a consao^ à ce sujets de la cruauté apparente de ces expériences^ sur le degré d'intérêt qu'elles offrent pour la science physiologique et assure qu'il /le les a plus continuées dès qu'il se vit assuré que le fait mis en doute était bien réel et bien constaté. U semble d'ailleurs^ d'après ce qu'il nous fait connaître au même endroit de ses ouvrages^ que les animaux d'un ordre inférieur sont doués d'une sensibilité très -faible. Car, ajoute-t-ily malgré ces mutilations qui nous paraissent devoir être très-douloureuses; l'animal ne semble pas très-affacté, il marche, court conune si de rien n'était et va en quèle de

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