EXTRAITS DB LA GORRSSPONOANCE AVEC HALLER
« que» rayoBB de la lumière que vois puiaes ém$ le wào « luaire de la nature^ mon esprit les reeueill^a pieusement « et ma reoonaaissance égalera le plaisir qu'il goûtera à en « être éclairé. ))
Haller répondit :
« De retour de mon voyage, j*ai reçu, Monsieur^ votre € chère lettre du 16 août, et si je tardai d'y répondre, j'en « fus empêché par les embarras que je trouvai dans mes « petUes affaires et par ToMigation où je fus de donner une « relation de mon voyage*., l'ai eu Thonneur, le 31 du mois « passé, d*être reçu associé étranger de l'Académie royale « des sciences naturelles. Je ne doute point que voua ne « voyiex avec plaisir deux des huit places restées entre les « mains des Suisses^ égalés |^r là en quelque manière à « l'Italie et à l'Angleterre, Cette réception va ranimer mon « ^oût pour les expériences et je soupire ai»rè8 un séjour « tranquille à la campagne qui doit me rendre le loisir né«^ « cessaire. le me mets eu goût, faute d'avoir des hommes à « disséquer, de m'eiercer sur des pierres. Je me prépare, « par différents dissolvants, à découvrir la ghi qui en joint (f les parties ; aucun pays n'a une plus grande variété de ces t corpchlà que le nôtre. »
« Vous vous occupez, dit Bonnet, à dissoudre des pierres, « je ne vous eusse pas attendu à ce genre d'expériences^ a Voilà comment l'activité de votre esprit se porte sur tout, « et comment elle porte la lumière sur tout. »
Dans une autre lettre. Bonnet le remercie, dans ks termes les plus flatteurs, de lui avoir envoyé ses premiers mémoires sur l'irritabilité du emur.
« Jamais morceau de philosophie, Monsieur, lui écrit^l, « ne m'a plu autant que la dissertation. sur l'irritabilité; je IL la relis la plume à la main, chaque ligne de cet excellent « ouvrage renferme une vérité, et les v^ités qui s'y trou^
« vent, combien sont-elles abondantes en conséquenees « utiles ! Un nou?eau jour vient éclairer la médecine et la K chirurgie, Texpérience triomphe de Tignorance, de l'er- « reur et du préjugé; les chimères s'évanouissent, les foits <c se multiplient, le trésor de nos connaissances augmente, « et la postérité vous mettra à juste titre au rang de ceux « qui auront le plus contribué à augmenter ce trésor. Platon « rendait grâces aux dieux de l^avoir fait naître du temps « de Socrate, et moi je rends grâce à Dieu de ra'avoir fait c naître du temps des Haller et des Réaumur. i»
Haller hii répond :
<K Si votre politesse avait moms de part à ce que vous me « dites sur mon mémoire, je serais bien glprieux de votre ce jugement. Il serait surprmant qu'il y eût des èrreun» si « générales et cependant si aisées à détruire, si Ton ne <c savait pas la manière dont les anciens écrivai^t leurs « divers livres et formaient leurs systèmes.
« Quelques expressions fournies par le hasard, sims suite « et sans recherche, servaient de fondement et presque de « prétexte à une proposition de Gallien. Elles passai^t ausa sitôt pour démontrées et personne ne s'avisait d'y dier- « cher quelque faible. Quand elle était contraire à quelque tt savant, il Tesquivait comme les jans^istes esquivent les « ordres de Rome, sans en disputer Tautorité, mais en y a donnatït quelques explications. J'avais pris le parti de tout « refaire et de vérifier absolument toutes les expériences « physiologiques sans excepter les p]ussimples,commeeelles. « de la circulation. » Plus loin, il parle avec beaucoup de justesse de la véritable manière d'observer et de faire des expériences.
« Vous rendez un grand service. Monsieur, en apprenant « aux hommes l'art d'observer. Pour moi, mon unique re- « roèdfe contre l'erreur a été de vérifier une mfinité de foiç