INTRODUCTION. XXIX
qu'on lise dans la correspondance de Bonnet des preuves qu'il regardait certaines hypothèses de Bufibn comme hasardées. On trouve dans l'appendice une lettre au sujet de la Théorie de la terre.
Nous ne ferons que rappeler ici les services rendus par cet homme illustre, dont la longue carrière de près de cinquante ans de travaux fut entièrement consacrée à l'histQÎre naturelle. Avant Buffon^ il existait des livres^ des mé* tïétfes^ des mémoires^ mais pomt de vues d'ensemble^ eiâ^té celles de Linnée, point de corps d'ouvrage qui réfumât l'étude entière de la nature. Nous avons parlé plus haut de la fondation d4j^rdin du roi et des progrès de ce vaste établissement formé par Guy Labrosse, médecin de Louis XIIl. Il avait successivement augmenté, particulièrement par les soins de Dufay ; celui-ci, membre de l'Académie des sciences, fut le premier directeur du jardin du roi (1732). Il avait en mourant recommandé Buffon à Louis XV, en priant le monarque de le nommer son successeur. Jamais vœu ne fut mieux exaucé pour l'avantage de la science et du pays. Bufifon, nommé intendant du jardin du roi, en 1739, et membre de l'Académie des sciences, sut profiter des ressources du grand établissement dont il était chargé pour entreprendre un travail complet sur la science de la nature. Déjà connu par plusieurs Mémoires et ouvrages importants, entre autres par la traduction de la Statique des végétaux, de Haies, et la Théorie des fluxions, de Newton, il s'immortaJis£^ par la publication de l'histoire naturelle qui parut en trente-six volumes in-4*>, de 1739 à 1788. Il fut aidé pour la partie de l'anatomie par Daubenton, qui inséra dans chaque volume une description du cabinet du roi ou muséum d'histoire naturelle, en suivant l'ordre des sujets traités par Buffon. Cet ouvrage si important mérite aujourd'hui comme alors toute notre admiration, sauf quelques hypothèses que